Le 29 avril 2026, le programme Global Forest Watch (GFW), lancé par l’organisme à but non lucratif World Resources Institute (WRI), a publié un rapport sur la déforestation des forêts tropicales humides en 2025. Le GFW constate que les pertes ont diminué de 36 % en 2025 par rapport à 2024. Le recul est très conséquent, mais il est toujours supérieur de 46 % à celui enregistré il y a dix ans.
Cette réduction est essentiellement due au Brésil. Des pays comme la Colombie, l’Indonésie ou la Malaisie ont également vu des taux de déforestation faibles ou stables en 2025, comparés aux années précédentes. En revanche, les pertes sont restées importantes en Bolivie et en République démocratique du Congo (RDC). L’expansion agricole demeure le principal facteur de diminution du couvert forestier. Les incendies, quant à eux, sont responsables de 42 % de la disparition des forêts à l’échelle planétaire.
De son côté, l’organisation britannique Global Canopy a publié le 14 avril son 12e rapport annuel Forest 500. Le document analyse l’impact de 500 grandes entreprises mondiales en matière de déforestation. L’édition 2026 montre que le futur Règlement européen contre la déforestation (RDUE) a influencé la politique des entreprises et impulsé des actions au sein de la chaîne d’approvisionnement de la part de certaines d’entre elles, et ce, avant même sa mise en œuvre prévue en décembre, et malgré plusieurs reports. Le RDUE réglementera les importations de neuf matières premières liées à la déforestation (viande bovine, cacao, café, cuir, huile de palme, pâte à papier, caoutchouc, soja et bois).
En particulier, le RDUE exigera des sociétés qu’elles soient en mesure de retracer l’origine des matières premières jusqu’à leur lieu de production afin de garantir qu’elles ne sont pas liées à la déforestation après 2020. L’étude révèle que 14 % des entreprises ont mentionné explicitement le RDUE dans les documents relatifs à leurs engagements en matière de déforestation, notamment en ce qui concerne la traçabilité. Forest 500 a aussi constaté qu’en 2025, la traçabilité de toutes les matières premières, à l’exception notable du bœuf, s’est améliorée.
Les efforts des entreprises en matière de lutte contre la déforestation restent toutefois insuffisants, selon Global Canopy. Seulement 29 % des 500 firmes se sont engagées à lutter contre la déforestation pour l’ensemble des matières premières qu’elles produisent ou qu’elles achètent. Elles ne sont que 120 à avoir déclaré que plus de la moitié de leurs approvisionnements étaient exempts de déforestation ou de conversion pour au moins une matière première. Les sociétés des secteurs du caoutchouc, du cuir et du café ont obtenu les moins bons résultats. Forest 500 a également identifié 14 entreprises qui, en 2025, ont abandonné leurs engagements quant à la lutte contre la déforestation ou qui se sont retirées des systèmes de certification existants. L’organisation attire l’attention sur le fait que les multiples reports et les modifications apportées au RDUE sont un frein pour les entreprises, même si certaines prennent des mesures contre la déforestation avant l’entrée en vigueur de la législation.
