Aux États-Unis (et ailleurs), la prolifération des centres de données est devenue un enjeu politique, à cause de leurs nuisances (bruit, poussières, baisse du prix de l’immobilier…), mais aussi de leur influence sur le prix de l’énergie et de l’eau. L’État républicain de Géorgie, huitième des États-Unis en matière de PIB, ne fait pas exception. À son propos, le média d’investigation d’origine britannique DeSmog a d’ailleurs publié une enquête, le 7 avril 2026, qui montre les pressions exercées sur les élus locaux de Géorgie pour qu’ils approuvent un mégaprojet de data center. Plusieurs propositions de loi ont été présentées dans cet État pour limiter les conséquences de cette frénésie (arrêt de projets, suppression des avantages fiscaux, etc.). Mais la session législative de 2026 s’est achevée le 6 avril sans qu’aucune mesure soit prise.
En revanche, le 27 mars, les membres du conseil municipal d’Archbald, une commune de Pennsylvanie d’environ 7 500 habitants, ont rejeté la demande de la société texane Provident Realty Advisors visant à construire un centre de données géant. La municipalité faisait l’objet de protestations de plus en plus pressantes de la part des citoyens, qui ont conduit à la démission de plusieurs membres du conseil municipal.
Cette croissance effrénée a des répercussions sur le monde de la finance. Selon BloombergNEF, les dépenses d’investissement des quatorze plus grands opérateurs de centres de données mondiaux cotés devraient avoisiner les 750 milliards de dollars en 2026. Plus de 23 gigawatts de capacité de centres de données (environ 15 % de la puissance électrique totale installée en France) étaient en construction dans le monde fin septembre 2025. Les principaux investisseurs accentuent donc la pression sur Amazon, Microsoft, Alphabet et Meta pour qu’ils soient plus transparents à propos de leur consommation d’eau et d’énergie.
Dans son dernier rapport d’impact sur la défense des intérêts des actionnaires (10 avril 2026), la société de gestion Trillium Asset Management rappelle qu’elle poursuit le dialogue avec Alphabet sur « les impacts environnementaux associés à l’expansion de ses activités en IA ». De son côté, dans le cadre de sa campagne 2025 de questions écrites aux entreprises du CAC 40, le Forum pour l’investissement responsable (FIR) a demandé aux sociétés si elles avaient mesuré les retombées directes et indirectes actuelles générées par le recours à l’IA sur leur consommation d’énergie, et si elles avaient réalisé des projections de l’évolution de cette consommation. Sans surprise, les entreprises reconnaissent l’importance du sujet, mais sont dans l’incapacité de partager des éléments chiffrés. Bon nombre d’entre elles rejettent la faute sur le manque de transparence des fournisseurs…
