En 2021, les baristas du groupe Starbucks ont lancé une campagne de syndicalisation, et plus de 680 cafés ont voté pour former des syndicats. Depuis, 34 accords de principe ont été conclus avec l’entreprise, qui n’a cependant encore ratifié aucun accord définitif. En novembre 2025, les employés de la chaîne de cafés ont entamé une grève pour pratiques déloyales. Le mouvement s’est intensifié jusqu’aux fêtes de fin d’année. Brian Niccol, P.-D.G. de Starbucks, s’était engagé à « dialoguer de manière constructive et de bonne foi » lors de sa prise de fonctions en 2024. Mais les syndicats affirment que l’entreprise est revenue sur ces promesses.
Des actionnaires de Starbucks ont donc écrit une lettre aux autres actionnaires de l’entreprise pour leur demander de s’opposer à la réélection de deux membres du conseil d’administration (Jørgen Vig Knudstorp et Beth Ford) lors de l’assemblée générale annuelle de la société. Ces administrateurs ont, selon eux, contribué à bloquer la campagne de syndicalisation. Ce groupe d’actionnaires est constitué de SOC Investment Group, Trillium Asset Management, du fonds de pension du Merseyside, de l’association à but non lucratif Share, des contrôleurs des comptes publics (comptroller) de l’État et de la ville de New York. Le 16 septembre 2022, une coalition d’investisseurs menée par les fonds de pension de New York City avait déjà déposé une proposition pour exhorter les administrateurs de l’entreprise à faire réaliser par un tiers une évaluation des engagements de l’enseigne quant au droit de négociation collective des travailleurs. La résolution avait recueilli 52 % des suffrages exprimés lors de l’assemblée du 23 mars 2023.
Deux sociétés de conseil en vote ont également averti les actionnaires que la firme négligeait les risques financiers et de réputation liés aux conflits du travail. De plus, elles ont attiré l’attention sur le fait que le groupe avait récemment signé un accord amiable de 38,9 millions de dollars, le plus important de l’histoire de la ville de New York, dans le cadre de la législation sur la durée équitable du travail. Elles ont aussi fait remarquer que la multinationale avait dissous un comité du conseil d’administration chargé de superviser les relations de travail. L’assemblée générale annuelle des actionnaires de Starbucks a eu lieu le 25 mars 2026. Mais les actionnaires n’ont pas écouté ces préconisations et ont renouvelé le mandat des deux administrateurs à une large majorité.
