Des syndicats portent plainte auprès de l’OIT contre la Malaisie pour entrave à la liberté syndicale. Valeo est citée

Les organisations syndicales sont, en principe, les plus à même de défendre les conditions de travail des salariés. Mais encore faut-il que leurs droits soient respectés. Le 30 mars 2026, la fédération syndicale internationale IndustriALL et cinq syndicats malaisiens ont informé la communauté internationale qu’ils avaient officiellement porté plainte auprès du Comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail (OIT) contre le gouvernement fédéral de Malaisie. Il est accusé par ces organisations de ne pas garantir une bonne protection contre l’ingérence des employeurs dans le droit des travailleurs à se syndiquer et à négocier collectivement. En cela, la Malaisie viole la Convention n° 98 de l’OIT qu’elle a ratifiée.

Les syndicats ont documenté leur recours avec des cas de répression syndicale dans douze entreprises, parmi lesquelles figure une filiale du groupe français Valeo (Valeo Malaysia Sdn Bhd). En ce qui concerne cette entreprise, un premier scrutin à bulletin secret pour élire un syndicat a eu lieu le 14 novembre 2019. Mais le Syndicat national des travailleurs des équipements de transport et des industries connexes (NUTEAIW) a dû interrompre le vote à la dernière minute, car des salariés avaient été intimidés. La firme avait menacé les travailleurs migrants de les licencier et de les expulser vers leur pays d’origine s’ils votaient pour le NUTEAIW. Par ailleurs, la navette transportant les travailleurs migrants avait été délibérément retardée le jour du vote.

Le 14 décembre 2021, lors du vote visant à statuer sur la demande de reconnaissance du NUTEAIW auprès de Valeo, le syndicat a obtenu 56,82 % des suffrages. Mais la société a intenté des actions en justice, affirmant que le directeur général du département des relations industrielles avait manqué à son obligation d’enquêter sur la plainte de l’entreprise selon laquelle le syndicat avait « endoctriné » les salariés. La justice a donné raison au syndicat. Mais les recours juridiques répétés ont retardé l’exercice effectif des droits de négociation collective de plusieurs années. Dans leur plainte, les syndicats soulignent le manquement dont font preuve les autorités malaisiennes à réagir et à prendre des mesures efficaces face aux exactions constatées.