Le méthane est un puissant gaz à effet de serre encore très négligé dans les actions concrètes prises par les États et les entreprises. En principe, à compter du 1er janvier 2027, les entreprises pétrolières, gazières et charbonnières important du pétrole et du charbon dans l’Union européenne devraient surveiller, déclarer et vérifier leurs émissions de méthane. Elles devraient aussi détecter et réparer les fuites.
Mais des entreprises ont annoncé que leurs importations d’énergie ne seraient pas conformes à cette nouvelle législation européenne, car les fournisseurs refusaient de fournir les informations requises. De leur côté, les États-Unis, premier fournisseur européen de gaz naturel liquéfié (GNL), ont averti qu’ils pourraient repenser la répartition géographique de leurs livraisons si la réglementation n’était pas assouplie.
Dans une lettre datée du 18 septembre 2026 à la présidente de la Commission européenne, le président français Emmanuel Macron a exhorté la Commission à reporter les nouvelles exigences en matière de déclaration des émissions de méthane et à assouplir d’autres règles relatives aux carburants en réponse à la hausse des coûts provoquée par les conflits dans le Golfe. Selon Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie et au Logement, l’Union européenne aurait dépensé 100 milliards d’euros supplémentaires en énergie cette année en raison de la hausse des prix des hydrocarbures. Lors d’une réunion des ministres de l’Énergie de l’UE à Dublin le 30 septembre, il a donc proposé de reporter d’un an certaines dispositions de la réglementation sur le méthane liées aux importations d’énergie.
Maas Goote, qui a été négociateur en chef de l’Union européenne dans les discussions internationales sur le climat, fait remarquer que, à l’échelle mondiale, la quantité de gaz gaspillée chaque année par torchage ou par fuites représente le double du volume transporté par le détroit d’Ormuz en 2025. Les émissions de méthane ne sont donc pas seulement une question climatique, elles sont aussi un énorme gaspillage d’énergie. De plus, ce report pourrait désavantager les bons élèves qui avaient anticipé la réglementation.
