Dans le monde, le nombre d’actions judiciaires à l’encontre des centres de données progresse

La London School of Economics (LSE) a publié le 25 juin 2026 un rapport dans lequel elle analyse environ 3 600 poursuites juridiques liées au climat déposées depuis 1986. Plus des trois quarts d’entre elles ont été enregistrés depuis 2015 (date de l’accord de Paris). Les États-Unis sont la juridiction où a été relevé le plus grand nombre d’actions juridiques (2 078), ils sont suivis par le Brésil (354), l’Australie (193), le Royaume-Uni (156) et l’Allemagne (121).

Dans son rapport, la LSE constate un nombre croissant de cas contestant les sources d’énergie, la consommation d’eau et la pollution de l’air dues aux centres de données dans le monde. L’une des premières plaintes a été déposée en 2020 à Santiago du Chili. Google prévoyait d’y implanter un immense data center dans le quartier de Cerrillos. Un groupe d’habitants et le conseil municipal s’étaient inquiétés des retombées du projet sur les ressources en eau de la ville, déjà fragilisées par le changement climatique, et avaient contesté les permis accordés à l’entreprise. Le projet Cerrillos a finalement été stoppé, au motif que les conséquences climatiques n’avaient pas été correctement prises en compte.

Le rapport identifie l’Irlande comme un important centre de litiges contre les centres de données. Le gouvernement de ce pays souhaite développer ce secteur qui consomme déjà plus d’un cinquième de l’électricité du pays. Aux États-Unis, ces installations font également l’objet d’un nombre croissant de contestations juridiques (en Californie, en Géorgie, en Pennsylvanie, dans le Mississippi, etc.). Au Royaume-Uni, une action en justice a été engagée contre la décision du gouvernement d’imposer la construction d’un centre de données « hyperscale » dans le Buckinghamshire. L’association de défense des droits numériques Foxglove et l’organisation environnementale Global Action Plan ont déclaré que cette décision ignorait les besoins en électricité et en eau du projet, et ne prenait pas suffisamment en compte son impact sur le climat. Le gouvernement a reconnu des irrégularités dans la procédure, et la poursuite a été abandonnée.