Partout dans le monde, les réfugiés et les demandeurs d’asile sont exposés aux abus d’employeurs indélicats. C’est vrai aussi aux Pays-Bas, où l’inspection du travail a ouvert une enquête sur l’hôtel Ibis Styles d’Arnhem, soupçonné d’avoir exploité une vingtaine de demandeurs d’asile et un groupe de réfugiés ukrainiens. Des personnes en charge du ménage ont été embauchées par la société allemande AHR Clean, elle-même sous-traitante d’une autre entreprise allemande spécialisée, Ö&I Clean Group GmbH. Certaines de ces personnes ont été payées partiellement, d’autres ne l’ont pas été. Celles qui ont perçu un salaire ont déclaré n’avoir reçu que 3,50 à 4,50 euros par chambre nettoyée. Elles étaient employées chez Ibis sans permis de travail, pourtant obligatoire aux Pays-Bas pour les ressortissants de pays hors Union européenne.
L’hôtel Ibis Styles d’Arnhem est exploité en franchise par le groupe Novum Hospitality, qui compte plus de 130 hôtels, principalement en Allemagne. Propriétaire de la marque Ibis, le groupe Accor s’est exprimé le 22 mai 2026 sur cette affaire. Il a indiqué qu’Ö&I et AHR ne faisaient pas partie des partenaires agréés par le groupe, et qu’un audit mené par Novum avait décelé qu’Ö&I avait fait appel à AHR sans autorisation et au mépris des dispositions contractuelles. Le contrat entre Novum et Ö&I a, de fait, été résilié. Accor a aussi précisé que Novum et Ö&I avaient contractualisé leurs relations sans autorisation préalable du service achats du franchiseur. Depuis, Accor a renforcé son contrôle sur l’établissement, a rappelé les consignes relatives au recours à des fournisseurs agréés, et effectuera une visite sur place en juin afin de poursuivre l’examen des procédures opérationnelles et des formations de remise à niveau du personnel.
