Dans un communiqué de presse du 19 février 2026, l’agence BloombergNEF indique que les achats directs d’énergie propre (BloombergNEF y intègre aussi l’énergie nucléaire) réalisés en 2025 par les entreprises ont chuté (moins 10 % par rapport à 2024). C’est la première baisse observée depuis dix ans. L’Amérique du Nord est la seule région à avoir enregistré une croissance. Les géants de la tech (Amazon, Meta, Google et Microsoft) ont représenté 49 % des transactions. Parallèlement, le 18 février, Microsoft a annoncé qu’il avait atteint son objectif fixé en 2020 de couvrir 100 % de sa consommation mondiale annuelle d’électricité avec des énergies renouvelables d’ici 2025.
Certains observateurs alertent cependant sur le fait que l’avenir pourrait être moins radieux, notamment à cause de la construction accélérée des nouveaux centres de données nécessaires à l’intelligence artificielle. Dans un rapport paru le 17 février, six ONG soulignent que cette tendance conduit à prolonger la durée de vie de centrales à charbon initialement destinées à être fermées, et à construire de nouvelles centrales au gaz. Les géants de la tech affirment que l’IA finira globalement par contribuer à la lutte contre le changement climatique. Mais les associations indiquent que, pour l’instant, les entreprises du secteur des énergies fossiles utilisent aussi l’IA pour optimiser l’exploration et accroître l’extraction.
Le rapport précise également que les affirmations des firmes technologiques sur les avantages climatiques de l’IA sont, pour une large part, non prouvées et non étayées. Il détaille que seulement 26 % des déclarations relatives au climat formulées par ces firmes citent des recherches universitaires ayant fait l’objet d’une publication, et que 36 % ne donnent aucune preuve. De nombreuses affirmations assénées par ces entreprises confondent les avantages climatiques de l’IA « traditionnelle » – outils d’apprentissage automatique conçus pour rationaliser des tâches spécifiques –, qui ont des émissions de carbone relativement faibles, et ceux des chatbots fondés sur l’IA « générative ». Pour les auteurs du rapport, « à aucun moment cette recherche n’a permis de découvrir des exemples dans lesquels les systèmes génératifs aboutissaient à une réduction des émissions matérielle, vérifiable et substantielle ».
