À cause de la sécheresse qui assèche ses barrages, le Zimbabwe relance ses centrales à charbon

Le Zimbabwe est un pays de 17 millions d’habitants. Une part substantielle de son électricité est produite par des barrages hydroélectriques. La Commission internationale des grands barrages comptabilise 274 barrages au Zimbabwe. Mais tous ne produisent pas d’électricité, et la plupart sont de petite taille. Le pays ne parvient à satisfaire qu’environ la moitié de sa demande, et les délestages sont fréquents. La situation risque encore de se dégrader à cause de la sécheresse que traverse le pays et toute l’Afrique australe : la pire depuis plusieurs décennies. En février 2024, le Zimbabwe a déclaré la situation de désastre national.

Situé sur le fleuve Zambèze, le barrage de Kariba est le plus puissant du pays. Il est partagé entre la Zambie et le Zimbabwe. Selon une étude hydrologique réalisée par l’Autorité du fleuve Zambèze, une entité détenue conjointement par le Zimbabwe et la Zambie, et qui gère le réservoir artificiel, au 13 janvier 2025, le barrage n’était rempli qu’à 3 %, contre 13 % à la même période en 2024. De fait, la production d’électricité a chuté de plus de 80 % en trois mois, la station ne produisant plus que 185 MW par jour.

Le pays a donc décidé de faire à nouveau porter ses efforts sur le charbon. Le 16 septembre 2025, le ministre de l’Énergie, July Moyo, a annoncé qu’il allait réhabiliter la centrale au charbon de Hwange, d’une capacité de 920 MW. Les travaux concerneront six unités datant des années 1980 qui ne fonctionnent plus qu’au tiers de leur potentiel en raison des pannes. Le Zimbabwe a conclu un accord avec Jindal Africa, la branche africaine de l’entreprise indienne Jindal Steel, pour financer, réhabiliter et exploiter les unités avant de les rétrocéder à la Zimbabwe Power Company (ZPC), le producteur et distributeur public, au bout de 15 ans.

Mais il ne s’agit que d’une solution transitoire qui ne répond pas aux ambitions climatiques du pays. Le dérèglement climatique aggrave les sécheresses, ce qui réduit les capacités hydrauliques, relance le recours aux centrales thermiques et, finalement, amplifie le dérèglement climatique. Ce cercle vicieux est d’autant plus grave qu’au Zimbabwe, les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, sont au point mort, faute de candidats industriels et d’investisseurs pour les développer.