Aux États-Unis, les géants de la tech promettent de prendre en charge le coût énergétique de leurs data centers. Au Brésil, ils se cachent

Devant les réactions négatives suscitées par la prolifération des centres de données outre-Atlantique, Donald Trump a annoncé, le 4 mars 2026, la signature du « Ratepayer Protection Pledge ». Il s’agit d’un ensemble de promesses écrites – mais non contraignantes – faites par les grandes entreprises technologiques pour empêcher l’explosion des factures énergétiques des ménages étatsuniens. L’engagement a été signé par Google, Meta, Microsoft, OpenAI, Amazon Web Services, Oracle et xAI.

Dans cet accord, les firmes s’engagent à fournir ou à payer l’intégralité de l’énergie nécessaire à leurs projets d’IA et, lorsque cela est possible, à construire des centrales électriques plutôt que de s’appuyer sur le réseau existant. Elles sont également convenues de prendre en charge les coûts de modernisation des infrastructures électriques et de négocier des grilles tarifaires spécifiques avec les distributeurs locaux qui leur imputeront les coûts des nouvelles capacités de production. Elles acceptent aussi de payer l’électricité qu’elles ne consommeront pas. Les firmes peuvent sortir de l’accord à tout moment. Toutefois, selon certains spécialistes, même si cet engagement était immédiatement respecté, ses effets sur la facture des consommateurs ne se feraient pas sentir avant deux ans. Par ailleurs, aucune mention n’est faite quant aux potentiels impacts environnementaux (consommation d’eau, émissions de particules, rejets de GES…) liés à l’utilisation par les centres de données de leurs propres générateurs électriques.

Mais il n’y a pas qu’aux États-Unis que cette tension sur la consommation d’énergie se fait sentir. Avec plus de 70 projets planifiés ou en cours, la Thaïlande, par exemple, connaît un essor rapide des centres de données. Les communautés des provinces de Chonburi et de Rayong craignent que ces installations n’aggravent les pénuries d’eau et la pollution dans leur région, et ce, d’autant que le secteur se développe sans consultation des populations.

Il en est de même au Brésil, où la capacité des data centers pourrait tripler d’ici 2030. Dans un article daté du 5 mars, l’agence de presse brésilienne Intercept Brasil explique comment, dans ce pays, les géants de la tech multiplient leurs interventions en toute discrétion. Pour faciliter les formalités administratives et l’acceptabilité par les communautés, ils sous-traitent les premières phases d’installation (demandes de raccordement électrique, autorisations environnementales, modification des plans d’urbanisme, recherches d’avantages fiscaux…) auprès de structures locales qui n’ont souvent ni les compétences adéquates pour intervenir dans ce domaine ni les moyens financiers. Ils masquent leurs interventions derrière des accords de confidentialité ou des sociétés-écrans. Une fois ces démarches réalisées, ils louent les infrastructures et achètent des parts ou les activités de la structure ayant initié le processus, sans que les décideurs politiques locaux aient préalablement été tenus au courant.