Amsterdam est la première capitale au monde à interdire la publicité pour les énergies fossiles et la viande dans l’espace public. JCDecaux fulmine

Le 22 janvier 2026, le conseil municipal d’Amsterdam a voté (par 27 voix contre 17) une mesure interdisant la publicité pour les produits et services à forte émission de carbone (transports aériens, véhicules thermiques, contrats de chauffage au gaz, produits carnés) dans tous les espaces publics de la ville (bus, tramways, stations de métro et de train…). Cette mesure entrera en application le 1er mai prochain. Elle ne concerne pas, pour l’instant, les publicités sur les entreprises elles-mêmes, dès lors qu’elles ne font pas la promotion de produits spécifiques. Mais, à partir de 2028 (date d’expiration des contrats en cours), toute publicité d’entreprise à forte émission de carbone sera interdite.

Dans un article du 23 janvier, le média d’investigation d’origine britannique DeSmog affirme que, la veille du vote, la firme française JCDecaux avait adressé un courriel à tous les groupes politiques du conseil municipal, les avertissant que cette interdiction aurait des « conséquences financières et juridiques considérables ». Mais les partisans de la loi contestent l’idée selon laquelle le financement des infrastructures urbaines serait menacé. D’après eux, le groupe devrait, en principe, pouvoir trouver d’autres annonceurs pour les espaces, à condition de transformer la culture d’entreprise actuellement largement influencée par les énergies fossiles et la viande.

Le 12 septembre 2024, la ville de La Haye avait adopté un règlement similaire après deux ans de débat. Mais, en avril dernier, l’association professionnelle du tourisme ANVR et l’agence de voyages TUI ont intenté une action en justice pour faire annuler l’ordonnance. Le tribunal a toutefois confirmé l’interdiction, jugeant qu’elle était conforme au droit européen et qu’elle répondait à un intérêt public manifeste dans la lutte contre la crise climatique.