L’action anti-environnementale de Donald Trump rencontre une certaine résistance

Le 7 janvier 2026, Donald Trump a signé une directive (presidential mémorandum) ordonnant aux agences et ministères des États-Unis de cesser de participer à 66 organisations internationales qui ne serviraient plus les intérêts du pays, et d’arrêter de les financer. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) et l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) font partie de ces organisations. Puis, le 12 janvier, le New York Times a indiqué que l’Agence de protection de l’environnement (EPA) prévoyait de cesser de suivre les effets des mesures d’amélioration de la qualité de l’air sur la santé humaine. Cette décision allège la pression sur les industries quant à la limitation des polluants précurseurs à l’ozone et aux émissions de particules fines. Il s’agit des dernières initiatives prises par l’administration Trump contre la protection de la nature et du climat.

Pour autant, elles rencontrent de solides résistances. En droit constitutionnel américain, la question de savoir si le président des États-Unis peut retirer unilatéralement le pays d’un traité qui a été ratifié par le Sénat reste ouverte d’un point de vue juridique. De fait, il est probable que cette décision soit à l’avenir contestée devant les tribunaux. Les administrations ne devraient cependant pas attendre les décisions de justice pour respecter l’ordre présidentiel.

Le 22 décembre 2025, le ministère de l’Intérieur a annoncé la suspension immédiate des baux pour tous les grands projets éoliens offshore en construction aux États-Unis, en raison des risques pour la sécurité nationale. Empire Wind, un projet de 54 éoliennes offshore situé au large de Long Island, est concerné par cette décision. C’est la deuxième fois que ce projet, réalisé à 60 % et qui a déjà coûté 4 milliards de dollars, doit suspendre ses travaux. Mais, le 15 janvier 2026, le juge fédéral de district Carl J. Nichols, nommé par Donald Trump, a émis une injonction temporaire autorisant la poursuite des travaux. Il a estimé que la suspension causerait un préjudice irréparable au projet. Le 12 janvier, un autre juge avait autorisé la société énergétique danoise Ørsted à reprendre son projet d’éoliennes (Revolution Wind) destiné à alimenter le Rhode Island et le Connecticut. Ce parc éolien est presque achevé.

Le 16 janvier, c’est le juge fédéral Jamar K. Walker qui a accordé à Dominion Energy une injonction préliminaire suspendant l’ordre d’arrêt des travaux émis par l’administration Trump. Le projet éolien offshore de 11 milliards de dollars au large des côtes virginiennes va pouvoir reprendre pendant que la procédure judiciaire engagée par Dominion à la suite de la suspension ordonnée par la directive présidentielle suit son cours.

Il faut dire que la décision présidentielle entrave le développement de nouvelles capacités énergétique. Cela est particulièrement mal venu compte tenu de la pression sur le prix de l’électricité exercée par les centres de données, notamment en Virginie. La State Corporation Commission de cet État vient justement d’approuver les nouveaux tarifs de Dominion après des mois de procédures juridiques. Elle impute ainsi une part plus importante des coûts aux centres de données. Les associations de consommateurs estiment toutefois que les mesures ne vont pas assez loin pour protéger le pouvoir d’achat des résidants. Microsoft a bien compris l’enjeu en annonçant le 13 janvier le lancement de son initiative Community-First AI Infrastructure. Le groupe s’engage à ce que ses nouveaux centres de données n’entraînent aucune augmentation du prix de l’électricité et n’aient aucune conséquence sur l’approvisionnement en eau.

À la suite du passage de trois ouragans dévastateurs en 2024, le gouverneur du très conservateur État de Floride a approuvé, le 26 juin 2025, la loi SB 180. Cette dernière est censée favoriser les initiatives prises par les communautés pour réparer les dégâts causés par les ouragans. Mais elle a aussi eu pour conséquence de bloquer les actions locales de développement durable et de résilience. En effet, la loi interdit aux collectivités locales d’adopter des politiques d’aménagement du territoire jugées plus restrictives ou contraignantes. Elle gèle de facto l’ensemble des réglementations locales d’urbanisme et les plans de zonage en vigueur au 1er août 2024, et ce, jusqu’au 1er octobre 2027. Plusieurs projets d’aménagement foncier, visant à renforcer la gestion des eaux pluviales, à protéger les ressources naturelles ou à freiner l’étalement urbain, ont donc été déclarés nuls et non avenus. Face à la levée de boucliers que le projet SB 180 a suscitée, son auteur, le sénateur Nick DiCeglie, a déposé un nouveau projet (SB 840) qui restreindrait le champ d’application de la loi.