Bien que des milliers de PFAS soient aujourd’hui utilisés, seules quelques données complètes sur leur toxicité sont disponibles. Or, les effets néfastes sur la santé liés aux PFAS les plus étudiés sont alarmants : cancer, affaiblissement du système immunitaire, troubles de la reproduction, etc. Le 27 septembre 2026, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a signé une loi qui constitue une première étape pour lutter contre l’utilisation généralisée des PFAS sur les produits agricoles californiens.
La nouvelle loi AB 1603 obligera désormais l’État de Californie à surveiller et à divulguer l’utilisation des pesticides PFAS. Elle établit aussi une définition des pesticides PFAS par classe, conformément aux autres lois et réglementations californiennes qui traitent déjà de ces substances chimiques. Cela permettra surtout de jeter les bases d’une action qui évite les « substitutions regrettables » (des substituts aux PFAS qui peuvent également poser des problèmes de santé). Cette loi a pu être promulguée malgré le lobbying exercé par les industries agricoles et chimiques, et notamment de l’American Chemistry Council et de la société d’origine suisse Syngenta, détenue depuis 2016 par l’entreprise chinoise ChemChina.
Le suivi et la surveillance prévus par la loi AB 1603 sont indispensables pour envisager une suite. La collecte de données fiables et continues aidera à combler des lacunes persistantes sur l’utilisation des pesticides PFAS dans l’État. L’accès à ces données permettra de jeter les bases d’actions concrètes, telles que des restrictions d’utilisation, un accompagnement des agriculteurs dans leur transition, la surveillance de l’eau… La Californie dispose de son propre système d’homologation à travers son Département de la réglementation des pesticides qui doit évaluer et autoriser chaque produit chimique avant que les agriculteurs puissent l’utiliser. Cela est d’autant plus important que la situation est très fragilisée à l’échelon fédéral. L’Agence de protection de l’environnement (EPA) continue d’autoriser de nouveaux pesticides PFAS en accélérant les procédures d’approbation.
Aux États-Unis, d’autres juridictions ont pris des mesures pour restreindre ou interdire les PFAS. En 2023, le Maine a promulgué la première interdiction des pesticides PFAS. Elle sera applicable à partir de 2030. La même année, le Minnesota a interdit les utilisations non essentielles des PFAS, notamment les pesticides, prévoyant leur élimination progressive d’ici 2032.
