Yves Rocher, première entreprise française à être condamnée en France à réparer les préjudices causés par ses activités à l’étranger

Le 12 mars 2026, le tribunal judiciaire de Paris a condamné la société mère du groupe Yves Rocher pour manquement à son devoir de vigilance dans son ancienne filiale turque Flormar. Cela fait suite à une plainte déposée par les associations ActionAid France et Sherpa, le syndicat Petrol-İş et 81 anciens salariés de l’entreprise. En 2018 et 2019, plus de 130 travailleurs avaient été licenciés pour avoir rejoint Petrol-İş et protesté contre les mauvaises conditions de travail, les violations des réglementations sur la santé et la sécurité au travail, la discrimination systématique à l’encontre des employées.

Le tribunal a estimé qu’Yves Rocher aurait dû identifier en amont les risques de violations du droit du travail susceptibles de survenir au sein de sa filiale turque. Or, l’entreprise avait exclu celle-ci de son plan de vigilance et omis de prendre des mesures pour prévenir les pratiques antisyndicales. Le tribunal a aussi condamné le groupe à verser un total de 8 000 euros à six anciens salariés et 40 000 euros à Petrol-İş. Les demandes d’indemnisation des autres salariés ont néanmoins été jugées irrecevables, parce que les préjudices avaient été réparés dans le cadre d’un accord conclu avec la filiale turque en mars 2019. Si le montant des réparations est jugé insuffisant par les requérants, la décision n’en demeure pas moins historique, car c’est la première fois qu’une entreprise française est condamnée à réparer des dommages de ses activités à l’étranger.