La Chine a dévoilé, le 5 mars 2025, son nouveau plan quinquennal de décarbonation de l’économie. Le pays s’engage ainsi à diminuer son intensité carbone de 17 % entre 2026 et 2030. Le nouveau plan met fortement l’accent sur le développement des énergies renouvelables comme étant le principal outil pour réduire l’intensité des émissions tout en limitant la demande de charbon. Des mesures vont être mises en place pour remplacer chaque année environ 30 millions de tonnes de charbon par des énergies renouvelables. Le gouvernement prévoit d’étendre considérablement son parc éolien et solaire, qui est déjà le plus grand du monde, au cours de la prochaine décennie. Xi Jinping a déclaré l’an dernier que la Chine allait multiplier par six sa capacité éolienne et solaire par rapport aux niveaux de 2020 pour arriver à 3 600 gigawatts d’ici 2035. Les tendances actuelles en matière de construction laissent penser que l’expansion de cette capacité pourrait dépasser cet objectif.
En 2020, la Chine s’est engagée à ce que ses émissions de carbone atteignent un pic avant 2030. Mais le pays n’a réduit son intensité carbone que de 12 % durant la précédente période qui s’est achevée l’an dernier, un résultat inférieur à l’objectif de 18 %. Pour 2026, le gouvernement prévoit une baisse de l’intensité carbone de seulement 3,8 %. De plus, certains analystes estiment que le nouvel objectif d’intensité carbone pourrait être insuffisant pour contenir la croissance des émissions si l’économie chinoise continuait de se développer rapidement. Lauri Myllyvirta, cofondateur du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur installé à Helsinki (CREA), considère que l’objectif d’intensité carbone fixé pourrait aboutir à une augmentation des émissions de 3 à 6 % au cours des cinq prochaines années si la croissance économique répondait aux attentes du gouvernement. Il faudrait viser une réduction de l’intensité carbone de plus de 20 % d’ici 2030 pour stabiliser les rejets de GES.
