La plainte de l’État du Missouri contre la politique de diversité de Starbucks a été jugée irrecevable par un tribunal fédéral

Depuis son élection, Donald Trump a mis en œuvre de nombreuses mesures pour « débarrasser » les États-Unis des programmes DEI (diversity, equity and inclusion) dans les sphères publique et privée. Plusieurs institutions fédérales et États fédérés lui ont emboîté le pas. Ils ont ainsi déclaré que ces programmes constituaient des pratiques discriminatoires et étaient donc illégaux. C’est le cas du Missouri.

En février 2025, le procureur général du Missouri, Andrew Bailey, a porté plainte contre Starbucks devant le tribunal de district des États-Unis pour le district est du Missouri. Il affirmait que les politiques de DEI de Starbucks lancées en 2020 violaient les lois interdisant la discrimination raciale. Il soutenait que l’entreprise menait des pratiques d’embauche fondées sur la race et le sexe, faisait illégalement une distinction entre les employés, et offrait des formations et des avantages sociaux exclusifs à des groupes en fonction de critères incluant la race. La plainte ciblait particulièrement les objectifs visant à accroître la représentation des femmes et des minorités dans l’entreprise ainsi que la mise en place de programmes de mentorat entre les employés noirs, autochtones ou de couleur, et les cadres supérieurs du groupe. Lors du dépôt de sa plainte, Andrew Bailey avait déclaré : « Le racisme n’a pas sa place au Missouri. [L’État] a intenté une action en justice pour mettre un terme à une violation flagrante de la loi du Missouri sur les droits de la personne. »

Le Missouri soutenait notamment que Starbucks appuyait ses décisions d’embauche et de promotion sur des objectifs rigides, comme souhaiter que les personnes noires ou de couleur et les autochtones occupent 40 % des emplois dans les cafés et 30 % des postes au siège social. Il reprochait aussi à l’entreprise de lier indûment la rémunération de ses dirigeants à l’atteinte de ces objectifs de diversité. Enfin, l’État accusait la firme d’accorder des formations supplémentaires et des possibilités d’avancement professionnel à des « groupes privilégiés » tout en excluant d’autres personnes.

Starbucks a contesté la plainte, et, le 5 février 2026, le juge de district John A. Ross a fait droit à cette requête en irrecevabilité. Il a invoqué trois failles fondamentales dans le dossier. La cour a constaté que le Missouri n’avait identifié aucun résident ayant subi un préjudice du fait de ces politiques. Or, un préjudice « concret, particulier et réel » est requis pour saisir un tribunal fédéral. Le juge Ross a également rejeté l’argument selon lequel les politiques de DEI faisaient supporter aux consommateurs des coûts plus élevés à cause de l’embauche de personnel « non qualifié ». Il l’a désigné comme étant « purement spéculatif et péremptoire », soulignant l’absence de preuves. De plus, le tribunal a relevé que les programmes de partenariat et de mentorat de Starbucks étaient ouverts à tous les employés, sans distinction de race ou de sexe.