Dès son entrée en fonction, Donald Trump a signé un décret supprimant les préférences fondées sur la DEI (diversité, égalité et inclusion) dans les marchés publics fédéraux et exigeant des entreprises qu’elles affirment « ne pas se livrer à des discriminations illégales, y compris des pratiques DEI illégales ». Cette décision a eu pour effet de conduire de nombreuses firmes étatsuniennes à mettre un terme à leurs programmes DEI. Plusieurs actions en justice ont également été engagées.
À ce sujet, le 25 août 2026, le ministère étatsunien de la Justice (DOJ) a annoncé avoir conclu un accord amiable avec la société Deloitte. Cette dernière a accepté de verser 21,5 millions de dollars pour mettre un terme aux allégations selon lesquelles elle aurait « enfreint la loi sur les fausses déclarations en ne respectant pas les exigences antidiscriminatoires de ses contrats fédéraux et en discriminant des employés et des candidats à l’embauche en raison de leur race ou de leur sexe ».
Pour être un fournisseur du gouvernement fédéral, une entreprise doit certifier qu’elle ne pratique aucune discrimination à l’encontre d’un employé ou d’un candidat fondée sur la race ou le sexe, et qu’elle prend les mesures nécessaires pour garantir que les candidats sont embauchés et que les employés sont traités sans considération de race ou de sexe. Depuis 2017, Deloitte assurait être conforme à ces conditions. Or, elle avait instauré une politique de ressources humaines tenant compte de l’origine ethnique ou du sexe. La société cherchait par exemple à équilibrer le pourcentage d’employés appartenant à des minorités sous-représentées et celui des autres salariés, elle se fixait des objectifs sur la base de ces critères et récompensait certains de ses dirigeants en fonction de la réalisation desdits objectifs. Ce type de pratique est jugé discriminatoire selon l’interprétation actuelle de la loi.
Cet accord fait suite aux plaintes déposées par l’American Alliance for Equal Rights. La loi sur les fausses déclarations (False Claims Act) permet à un lanceur d’alerte d’intenter une action au nom des États-Unis et de recevoir une partie des sommes recouvrées. Aux termes de cet accord, l’Alliance percevra ainsi 4,3 millions de dollars. En mai dernier, le ministère de la Justice a aussi annoncé un accord à l’amiable de 30 millions de dollars avec PayPal au sujet de sa DEI. De son côté, la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi (Equal Employment Opportunity Commission, EEOC) a intenté une action en justice contre le New York Times, l’accusant d’avoir enfreint les lois interdisant la discrimination raciale et sexuelle en écartant un employé blanc de sexe masculin d’une promotion en raison de sa politique DEI.
