Le 15 septembre 2026, l’association Global Witness a publié son nouveau rapport Collective Power. L’ONG a recensé 124 personnes assassinées dans le monde en 2025 pour avoir défendu l’environnement. Elle a comptabilisé 2 375 meurtres depuis 2012. Les victimes sont des autochtones, des petits paysans et des leaders communautaires qui protégeaient pacifiquement les forêts, les terres agricoles, les cours d’eau et d’autres écosystèmes contre les dommages causés par les entreprises, les organisations criminelles et les gouvernements.
Le secteur minier est à nouveau le plus souvent impliqué dans ces meurtres. Dans plus d’un tiers des cas, les assassinats semblent avoir été commandités ou être en lien avec le crime organisé. La Colombie reste le pays le plus meurtrier pour les défenseurs de l’environnement (39 personnes y ont été tuées en 2025). Plusieurs de ces victimes ont été prises au piège à la suite de conflits fonciers, d’exploitation minière illégale, et à cause de la culture de coca. L’épicentre des violences se situe dans le département du Cauca, riche en biodiversité, près de la frontière équatorienne et des routes du trafic de cocaïne vers le Pacifique.
Le Brésil est le deuxième pays le plus dangereux avec 26 homicides en 2025, soit le double par rapport à l’année précédente. Tous les cas, sauf un, sont liés à des conflits fonciers, notamment dans les États amazoniens de Rondônia et du Pará. L’incapacité des autorités brésiliennes à délimiter et à reconnaître les droits fonciers des populations autochtones a contribué à l’escalade de la violence. Les Philippines et le Honduras ont chacun enregistré 12 meurtres, et le Mexique, 10.
Les deux tiers des pays où des meurtres ont été recensés sont considérés comme des pays où les défenseurs de l’environnement et des droits humains sont menacés, harcelés et/ou incarcérés, souvent pour des motifs fallacieux comme des accusations de terrorisme. Les chiffres annoncés par Global Witness sont sans doute sous-estimés, d’une part, parce que la répression et les conflits armés rendent de nombreux décès impossibles à examiner et, d’autre part, parce que certains pays, comme la Chine, sont trop fermés pour que les associations puissent assurer un suivi des homicides.
