La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a publié un nouveau rapport le 9 février 2026. Celui-ci fait ressortir que les entreprises disposent désormais d’un large arsenal de méthodologies pour mesurer l’impact de leurs activités et de leurs chaînes d’approvisionnement sur la nature. L’IPBES a également constaté une nette amélioration de la qualité et de la disponibilité des données dans ce domaine au cours de ces dernières années.
La prise de conscience de la problématique demeure néanmoins très faible. En effet, moins de 1 % des sociétés qui publient un rapport annuel fait référence à la biodiversité. Selon Stephen Polasky, l’un des coprésidents du programme, ce phénomène s’explique par le fait que les entreprises passent souvent plus de temps à essayer de déchiffrer des cadres de mise en conformité et des reportings à la fois complexes et concurrents, qu’à mettre en œuvre des mesures concrètes.
Les enquêtes menées auprès des firmes ont aussi montré un manque de confiance dans les données disponibles ainsi qu’une certaine confusion quant aux modèles et aux scénarios à privilégier, en particulier lorsqu’il s’agit d’évaluer leur dépendance par rapport à la nature. Pourtant, une meilleure utilisation des données, des informations, des connaissances scientifiques ainsi que des savoirs autochtones et locaux pourrait se traduire par une gestion plus efficace des risques commerciaux.
De plus, le rapport souligne que, dans le monde, 4 900 milliards de dollars de fonds privés et 2 400 milliards de dollars de financements publics ont été investis dans des activités nuisibles à la nature en 2023. Sur les 2 400 milliards, plus de 1 100 milliards de dollars ont directement été alloués aux combustibles fossiles. En comparaison, seulement 220 milliards de dollars de flux financiers publics et privés ont été consacrés à des activités contribuant à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité.
Le rapport de l’IPBES fournit des orientations aux entreprises qui souhaitent déterminer les référentiels de reporting les plus adaptés. Il présente aussi une centaine de recommandations à l’attention des décideurs politiques, des financiers et des entreprises.
