D’après l’ONU, le monde est entré dans une ère de « faillite hydrique »

Le 21 janvier 2026, l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’université des Nations unies (UNU-INWEH) a publié un nouveau rapport qui examine l’état des systèmes hydriques mondiaux. Le document analyse leur surexploitation constante, causée par une utilisation des ressources renouvelables et des réservoirs naturels au-delà des limites de sécurité. L’UNU-INWEH constate que de nombreux aquifères et bassins fluviaux sont entrés dans une situation où les niveaux de référence historiques ne peuvent plus être retrouvés sans une profonde transformation. Face à la raréfaction chronique des nappes phréatiques, à la surexploitation de l’eau, à la dégradation des sols et des terres, à la déforestation et à la pollution, l’étude conclut que de nombreuses régions vivent au-delà de leurs capacités hydrologiques et que de nombreux systèmes hydriques essentiels sont déjà, de fait, « en faillite ». Ces facteurs sont aggravés par le changement climatique.

Cette situation nécessite de prendre des mesures d’urgence, tant au niveau des négociations multilatérales qu’à l’échelon des États. Ce n’est pas la voie que semble prendre l’Agence de protection de l’environnement (EPA) des États-Unis. L’agence a proposé le 13 janvier de limiter les possibilités, pour les États fédérés et les tribus amérindiennes, d’utiliser le Clean Water Act pour examiner les retombées de projets majeurs relevant de la réglementation fédérale (oléoducs, mines, barrages, centres de données…) sur la qualité de l’eau de leur territoire et pour les bloquer. En 2023, l’administration Biden avait renforcé le pouvoir des États et de certaines tribus habilitées en matière d’évaluation de la qualité de l’eau. L’agence avait précisé que les États devaient pouvoir non seulement prendre en compte la pollution directement rejetée dans les cours d’eau, mais aussi évaluer de manière globale les effets d’un projet sur la qualité de l’eau locale. L’administration Trump souhaite supprimer ce droit étendu et réduire les possibilités d’examen uniquement aux rejets directs dans les eaux lorsque celles-ci relèvent de la réglementation fédérale.