Aux États-Unis et au Brésil, les populations autochtones se présentent en défenseurs des écosystèmes locaux

L’administration Trump poursuit ses efforts pour ouvrir l’accès de la partie arctique de l’Alaska aux compagnies pétrolières. Or, certaines de ces zones sont particulièrement vulnérables. Le 17 février 2026, des écologistes et des représentants du peuple Iñupiat ont déposé deux plaintes pour bloquer une vente de concessions qui porterait sur plus de 22 000 kilomètres carrés.

Les blocs proposés à l’exploration comprennent des aires de mise bas des caribous de Teshekpuk, qui représentent une ressource alimentaire essentielle pour de nombreux Iñupiat vivant dans le village voisin de Nuiqsut et d’autres communautés. La moitié environ des ménages de Nuiqsut n’ont pas accès à une alimentation suffisante, et un quart déclarent traverser des périodes de pénurie alimentaire. De plus, l’importation de denrées alimentaires dans cette région isolée est coûteuse. Certaines de ces zones faisaient l’objet d’un accord de servitude pour le passage des troupeaux conclu en 2024 entre le Bureau de gestion des terres et les dirigeants de Nuiqsut. Mais l’administration Trump a annulé cet accord en décembre dernier, prétextant qu’il avait été conclu de manière irrégulière.

Beaucoup plus au sud du continent, au Brésil, des manifestants autochtones ont occupé, le 20 février, le terminal fluvial du géant de négoce de matières premières Cargill situé à Santarém (État du Pará). Le personnel a été évacué, et les opérations sur le site ont été interrompues. Les manifestants protestaient contre des projets de dragage des rivières locales où transitent des céréales telles que le soja et le maïs avant d’être exportées. Ces rivières constituent une source de vie, de subsistance, de mémoire et d’identité pour des milliers de familles.

Cargill a déclaré n’avoir aucun contrôle sur les projets de dragage des rivières. En août 2025, un décret présidentiel avait placé des portions de trois fleuves – le Tapajós, le Madeira et le Tocantins – sous la tutelle de l’État dans le cadre d’un vaste projet d’infrastructures visant à créer une voie d’exportation pour les barges de fret transportant du soja, du maïs et d’autres céréales des États agricoles brésiliens du Cerrado et de l’Amazonie vers les ports de la côte atlantique. Le gouvernement brésilien a écouté la voix des manifestants. À la suite d’une rencontre entre ces derniers, Marina Silva, ministre brésilienne de l’Environnement, et Guilherme Boulos, secrétaire de la présidence, le Brésil a décidé, le 23 février, d’abroger le décret présidentiel.