La mise à la retraite anticipée des centrales à charbon en Asie du Sud-Est, notamment en Indonésie, serait intéressante pour lutter contre le changement climatique et pourrait également l’être d’un point de vue économique. C’est ce qui ressortait de l’analyse de scientifiques et même de la Banque asiatique de développement au début des années 2020. La centrale indonésienne de Cirebon-1 faisait partie des projets destinés à tester le bien-fondé de cette approche. Mais, en décembre dernier, Airlangga Hartarto, le ministre coordonnant les affaires économiques du pays, a déclaré qu’il serait impossible de fermer la centrale de Cirebon-1 d’ici 2035, soit sept ans avant la fin prévue de son exploitation. Les observateurs affirment que ce revirement fait suite à des pressions financières et politiques.
À l’inverse, à la suite des inondations et des glissements de terrain meurtriers qui ont frappé l’Indonésie fin 2025 avec le passage du cyclone Senyar, le ministère de l’Environnement du pays a lancé une enquête sur 70 entreprises opérant dans la région afin d’examiner les liens possibles entre leurs activités et les catastrophes. Dodi Kurniawan, directeur du règlement des différends environnementaux au ministère, a annoncé lors d’une conférence de presse à Jakarta le 15 janvier 2026 qu’il avait intenté une action en justice contre six de ces entreprises. Il leur réclame 4 800 milliards de roupies indonésiennes (243 millions d’euros).
Selon le rapport accompagnant la plainte, ces firmes seraient responsables des dommages causés aux bassins versants de la province de Sumatra du Nord, impliquant le défrichement de 2 516 hectares. Elles opèrent dans divers secteurs (extraction d’or, hydroélectricité, production d’huile de palme, plantations de bois d’œuvre). Les conclusions du ministère recoupent les préoccupations soulevées lors d’enquêtes antérieures menées par des ONG sur trois de ces entreprises (PT Toba Pulp Lestari, PT North Sumatra Hydro Energy et PT Agincourt Resources). L’enquête se poursuit, et d’autres entreprises pourraient faire l’objet de poursuites.
