En avril 2025, à l’issue d’un procès qui a duré plus d’une décennie, un jury de la paroisse de Plaquemine (Louisiane) a condamné la compagnie pétrolière Chevron à payer 744,6 millions de dollars pour réparer les dommages qu’elle a causés aux zones humides côtières du sud-est de l’État. La paroisse réclamait 2,6 milliards de dollars. La plainte tenait l’entreprise et les autres compagnies pétrolières pour responsables d’avoir exacerbé et accéléré la perte de terres en Louisiane en creusant des milliers de kilomètres de canaux qui ont fragilisé les zones humides et aggravé les effets de la montée du niveau de la mer, ainsi que d’avoir pollué les eaux côtières et contaminé les sols.
Cette affaire pourrait constituer un précédent juridique sur les relations entre les compagnies pétrolières et les collectivités locales. À elle seule, Plaquemine compte 20 autres affaires en cours contre des compagnies pétrolières. Chevron a donc réagi et fait appel. Le 12 janvier 2026, les juges de la Cour suprême des États-Unis ont examiné le recours des compagnies pétrolières. Les avocats de Chevron ont fait valoir que la société devrait être autorisée à transférer les poursuites engagées contre elle des tribunaux d’État vers les tribunaux fédéraux, car ses actions, dont certaines remontent à la Seconde Guerre mondiale, ont parfois été menées sous les encouragements et la direction du gouvernement fédéral. Les compagnies pétrolières perçoivent souvent les tribunaux fédéraux comme plus favorables que les juridictions d’État, parce qu’ils sont réputés être plus sensibles à certains de leurs arguments, comme le rôle qu’elles tiennent dans la sécurité nationale et qui leur confère une certaine protection contre toute forme de responsabilité.
