En 2017, huit organisations ont publié un rapport intitulé Les Liaisons dangereuses des banques françaises avec la colonisation israélienne. Elles dénonçaient la contribution de cinq groupes financiers français (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, BPCE et AXA) à la colonisation israélienne des territoires palestiniens à travers leurs participations minoritaires au capital de banques ou d’entreprises israéliennes impliquées dans les colonies. Or, la colonisation de ces territoires est considérée comme illégale par les Nations unies et la Cour internationale de justice.
En septembre 2025, 84 organisations ont apporté leur soutien à la publication d’un rapport baptisé Trading with Illegal Settlements. La fédération syndicale internationale UNI Global Union fait partie des signataires. L’étude cite notamment BNP Paribas comme l’un des trois principaux créanciers des entreprises liées aux colonies.
En novembre 2024, UNI a renouvelé son accord social mondial avec BNP Paribas. Celui-ci définit un engagement à respecter les droits humains et les droits du travail dans le monde entier. Sur les bases de cet accord, BNP Paribas « s’engage à promouvoir le respect des droits humains dans sa sphère d’influence, c’est-à-dire auprès de ses collaborateurs, fournisseurs, clients et des communautés au sein desquelles elle exerce ses activités. En particulier, le Groupe ne souhaite participer à aucune violation des droits humains par ses activités d’investissement et de financement. » Dans une lettre adressée le 8 octobre au directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, UNI Global Union appelle la banque à honorer cet engagement.
UNI demande à BNP Paribas de mettre en œuvre les mesures suivantes : s’engager publiquement à exercer une diligence raisonnable renforcée en matière de droits humains dans les zones de conflit ; identifier les cas où ses services pourraient contribuer à des activités de colonisation du territoire palestinien par Israël ou les soutenir, et prendre des mesures pour y mettre fin ; publier les résultats de sa diligence raisonnable ; collaborer avec les organisations adéquates pour promouvoir une diligence raisonnable en tant que norme sectorielle ; intervenir auprès des sociétés impliquées dans la colonisation, et que BNP Paribas finance et/ou dans lesquelles elle investit (en particulier Siemens), pour qu’elles mettent un terme à ces agissements. Les syndicats français membres d’UNI (CFDT-FBA, FEC FO et FSPBA CGT) soutiennent la démarche de la centrale internationale.
