Les syndicats continuent de se mobiliser pour tirer parti de l’intelligence artificielle plutôt que de la subir

Les progrès très rapides de l’intelligence artificielle affectent de nombreux aspects de la vie quotidienne. La sphère professionnelle n’échappe pas au phénomène. Des législations se mettent en place pour encadrer la liberté d’action des développeurs de solutions. Mais elles ne parviennent pas à lever toutes les incertitudes et menaces liées à cette évolution. Aussi, le 8 octobre 2025, la fédération syndicale internationale IndustriALL a-t-elle publié un document intitulé Artificial Intelligence (AI): challenges and opportunities for industrial workers and trade union responses. De nombreux salariés sont maintenant gérés par des algorithmes. Ceux-ci fixent leurs horaires, analysent leur rendement, influencent parfois les embauches et les promotions, souvent dans une absence totale de transparence et de recours. L’objectif de ce guide est de permettre aux organisations syndicales d’inverser le processus et de mettre les travailleurs en son centre.

Le document identifie cinq domaines clés sur lesquels les syndicats peuvent agir. Tout d’abord, ils ont la possibilité d’intervenir sur la gestion des algorithmes et la confidentialité des données afin de garantir la transparence et la redevabilité, et d’imposer des limites à la surveillance sur le lieu de travail. En deuxième lieu, ils doivent s’assurer que l’IA n’ajoute pas du stress et des risques supplémentaires, mais qu’elle permet de rendre les lieux de travail plus sains et plus sûrs. Pour faire face à l’évolution rapide de l’IA, les partenaires sociaux doivent aussi réclamer des emplois de qualité, un renforcement des compétences, des reconversions inclusives et un soutien vers une transition juste. Quatrièmement, ils doivent revendiquer un partage équitable des bénéfices, une fiscalité progressive et une protection sociale accrue. Enfin, le guide recommande d’intervenir pour protéger le droit d’organisation et de négociation collective, et donner aux syndicats les moyens de négocier à l’ère du numérique.