Développer les énergies renouvelables, c’est bien. Pouvoir injecter l’électricité dans le réseau, c’est mieux

Il y a une quinzaine d’années, les alertes sur les dangers que pourraient courir les combustibles fossiles de se transformer en actifs échoués (stranded assets) ont commencé à fleurir. De nombreuses études ont mis en garde sur la possible dépréciation des réserves des compagnies pétrolières, gazières ou charbonnières qui ne pourraient être exploitées du fait de la menace climatique. S’appuyant sur un livre blanc rédigé par la banque britannique Barclays, le site d’information spécialisé OilPrice.com a publié un article, le 4 mars 2026, dans lequel il avertit que les énergies renouvelables pourraient à leur tour devenir des actifs échoués.

En effet, les réseaux électriques ne peuvent absorber toute leur production. Par ailleurs, l’approvisionnement en matériaux est limité. Les goulets d’étranglement en matière de permis et de construction sont systémiques. Selon Barclays, sans un développement et des investissements suffisants dans l’interconnexion et le transport, les actifs liés aux énergies propres pourraient devenir de plus en plus vulnérables. Cette analyse rejoint celle faite en décembre 2025 par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) selon laquelle un développement rapide et efficace des réseaux électriques constitue un enjeu mondial urgent. Aujourd’hui, les investissements mondiaux dans les réseaux électriques s’élèvent à près de 400 milliards de dollars par an. Pour satisfaire la croissance prévue de la demande d’électricité d’ici à 2030, il faudrait augmenter ces investissements d’environ 50 %.