La Commission européenne valide ses trois méthodologies pour certifier la capture du carbone de l’atmosphère

De nombreux acteurs, y compris parmi les États, ont revu à la baisse certains de leurs objectifs environnementaux à long terme. Ils évoquent largement la situation géopolitique pour justifier ce retour en arrière. Mais ne nous leurrons pas, c’est aussi une manière de remettre ces objectifs au niveau d’une volonté à tout le moins atone, et qui, tôt ou tard, aurait été rattrapée par la réalité. De fait, les mécanismes de compensation carbone retrouvent des couleurs malgré leur manque de maturité.

En juillet dernier, par exemple, la Commission européenne a révélé qu’à partir de 2036, les pays de l’Union pourraient utiliser les crédits carbone hors UE prévus à l’article 6 de l’accord de Paris pour le calcul des émissions nettes de la zone, et ce, jusqu’à 3 % de l’objectif. Le Parlement européen a porté ce taux à 5 % le 10 février. Pour apaiser les craintes des ONG environnementales, le commissaire au climat avait assuré que ces crédits devraient être de « haute qualité » et avoir fait l’objet de certifications.

Dans cette optique, le 3 février 2026, la Commission a annoncé qu’elle avait adopté ses trois premières méthodologies de certification volontaire pour la capture définitive du carbone de l’atmosphère. Cela fait suite à la publication, en 2024, de son règlement Carbon Removals and Carbon Farming (CRCF) relatif à la séquestration permanente du carbone, à son agrostockage (carbon farming) et à son stockage dans les produits. Le but de ce règlement délégué est de créer un système de certification qui permettrait de quantifier, surveiller et vérifier les séquestrations de carbone, et de lutter contre l’écoblanchiment.

La Commission a sélectionné ces trois technologies en fonction de leur maturité et de leur contribution potentielle aux objectifs climatiques de l’UE. Il s’agit du captage direct de l’air avec stockage géologique permanent du carbone (DACCS), des systèmes de biomasse avec séquestration de carbone (Bio-CCS) et du captage du carbone par le biochar (BCR). Le nouveau règlement définit ce qui constitue une tonne de carbone capturée, les modalités garantissant la permanence de cette séquestration et la manière dont seront suivis et traités les principaux risques tels que les fuites de carbone stocké et les défaillances des porteurs de projets. Le règlement doit encore être soumis au Parlement européen et au Conseil.