Les géants de la tech (Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft) devraient investir plus de 600 milliards de dollars dans l’IA rien qu’en 2026. À lui seul, ce chiffre justifie les craintes d’une très forte demande sur la consommation d’électricité dans certaines régions du monde, et notamment, pour l’instant, aux États-Unis. Cette demande devrait représenter entre 6,7 et 12 % de la consommation totale d’électricité du pays en 2030. Les tensions entre les promoteurs de centres de données et les populations locales sont désormais bien réelles.
D’après le Pennsylvania Data Center Proposal Tracker, la Pennsylvanie, par exemple, compterait actuellement 52 projets de centres de données, dont 24 devraient être équipés de leur propre sous-station électrique, ce qui laisse supposer qu’ils prévoient de s’alimenter sur le réseau électrique, et non pas de produire leur propre énergie. Cela présage un nouvel essor de la production de gaz naturel pour alimenter ces sites dans une région fortement exposée à la fracturation hydraulique depuis deux décennies. De son côté, le Bureau indépendant des finances de l’État estime que le prix moyen de l’électricité pour les résidents de Pennsylvanie a bondi de près de 50 % entre 2018 et 2025.
Le 3 février 2026, à l’occasion de la présentation du budget de l’État pour la période 2026-2027, le gouverneur démocrate de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a déclaré que les nouveaux centres de données devront soit être autonomes en énergie, soit financer intégralement la construction de nouveaux réseaux électriques afin de répondre à leurs besoins. Il a également affirmé que les promoteurs de centres de données devront consulter les collectivités locales à propos de leurs projets, ainsi qu’embaucher et former la main-d’œuvre locale. Ceux qui respecteront les nouvelles normes de développement responsable des infrastructures pourront entre autres bénéficier d’une procédure d’autorisation rapide et sécurisée de la part des autorités. La mise en œuvre de cette promesse doit néanmoins faire face à des contraintes politiques et légales.
D’autres États ont proposé un moratoire concernant la construction de ce type d’infrastructures. C’est le cas de la Géorgie, du Maryland, de l’Oklahoma, du Vermont, de la Virginie et, tout récemment de l’État de New York. Le projet de loi S9144 déposé par la sénatrice démocrate de cet État, Liz Krueger, prévoit ainsi d’instaurer un moratoire d’au moins trois ans sur les permis de construction et d’exploitation de nouveaux data centers. Plusieurs ONG et le charismatique sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders, appellent aussi à un moratoire, mais à l’échelle nationale.
