Les déchets sont une source de revenus pour de nombreuses personnes dans les PED. Mais ils présentent aussi un risque important pour la santé des récupérateurs. La décharge de Dandora (à l’est de Nairobi, au Kenya) est l’une des plus grandes d’Afrique. Des études ont montré de fortes concentrations de métaux lourds dans le sol et l’eau, ainsi que des émissions de méthane et de gaz toxiques qui peuvent favoriser l’apparition de maladies respiratoires et les troubles du développement chez les enfants, et accroître les risques de cancer.
Le 18 septembre 2023, cinq récupérateurs de déchets de Dandora ont poursuivi le gouvernement de Nairobi et l’Autorité nationale de gestion de l’environnement (NEMA). Ils affirmaient que le comté et la NEMA avaient violé leurs droits fondamentaux garantis par la Constitution. Ils ont déclaré travailler dans des conditions « dures et déplorables », souvent à mains nues et sans vêtements de protection, et manipuler des « déchets bruts et en décomposition contenant des plastiques coupants, du verre brisé et des déchets médicaux ». De plus, ils ont ajouté que leurs revenus étaient extrêmement faibles, en moyenne 17 shillings par kilogramme de matériaux recyclables (11 centimes). De plus, ils ont affirmé que le gouvernement n’avait pas pris les mesures nécessaires pour atténuer les risques ni réhabiliter la décharge.
À ces accusations, le gouvernement du comté a rétorqué que les récupérateurs de déchets n’étaient pas employés par le comté, et que celui-ci n’était donc pas légalement tenu de leur fournir des équipements de protection individuelle. Bien que les plaignants n’aient pas établi de lien de causalité direct entre leurs maladies et la pollution, la juge Anne Omollo de la Haute Cour de Kisii a statué que « l’article 70(3) de la Constitution [prévoyait] expressément qu’un demandeur [n’avait] pas à démontrer un préjudice personnel pour obtenir réparation en cas de violation ou de menace de violation de son droit à un environnement sain et propre ». Aussi a-t-elle accordé le 5 février 2026 à chacun des 1 032 récupérateurs qui se sont joints à la plainte 25 000 shillings (163 euros) en réparation de la violation de leur droit constitutionnel.
