L’UE a adopté sa directive relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables (RED I) en 2009. Cela a notamment eu pour effet de développer les agrocarburants (biocarburants). Puis, en 2019, la Commission européenne a publié son acte délégué relatif aux changements indirects d’affectation des sols (CIAS). Malgré la farouche opposition de la Malaisie et de l’Indonésie, ce règlement a validé l’élimination des biocarburants à base d’huile de palme d’ici 2030, cette denrée étant considérée comme participant à la déforestation.
Le 21 janvier 2026, la Commission a soumis à consultation une proposition d’amendement de cet acte délégué. La consultation est ouverte jusqu’au 18 février. Sur la base des données figurant en annexe, le soja devrait être subordonné aux mêmes règles que l’huile de palme et sera donc progressivement éliminé des objectifs de l’UE en matière d’énergies renouvelables. Pour l’association Transport & Environment (T&E), c’est une bonne nouvelle, car « les biocarburants à base de soja sont deux fois plus nocifs pour la planète que le diesel ».
En revanche, T&E fait remarquer que d’autres matières premières sont associées à d’importants changements d’affectation des terres. C’est le cas de la canne à sucre, qui reste juste en dessous des seuils la soumettant au règlement européen et qui peut donc continuer d’être prise en compte dans les objectifs de l’UE concernant les énergies renouvelables. On estime qu’aujourd’hui, plus de 100 millions de tonnes de cette matière première sont utilisées dans la production mondiale d’agrocarburants. L’extension des plantations de canne à sucre a été à l’origine de déforestation dans de nombreuses régions du monde (Caraïbes, Brésil…) et continue de l’être, comme le montre une étude de décembre 2025 de Greenpeace Southeast Asia à propos du projet Merauke (Papouasie occidentale, Indonésie) qui portera sur 560 000 hectares.
