TotalEnergies publie sa vision du marché mondial de l’énergie à l’horizon 2050

TotalEnergies a publié son étude 2025 sur les perspectives énergétiques. Le document, publié le 4 novembre 2025, présente trois scénarios à l’horizon 2050 : trends (tendances), momentum (volontariste) et rupture. Le scénario trends repose sur le maintien des politiques actuelles, notamment en Chine et en Europe. Le développement des énergies renouvelables et de l’électrification est freiné par les contraintes du réseau électrique et les tensions géopolitiques. La demande en combustibles fossiles atteint un pic vers 2040 avant de diminuer progressivement et de représenter 60 % de la demande d’énergie primaire en 2050 (contre 81 % en 2023). Le scénario momentum prévoit que les pays de l’OCDE parviennent à la neutralité carbone d’ici 2050, et la Chine d’ici 2060. Il présage une électrification accélérée, une quasi-élimination du charbon dans les économies développées et le recours au gaz naturel comme énergie de transition. Les énergies fossiles constitueraient 56 % de la demande d’énergie primaire en 2050.

Le scénario de rupture est conforme à l’objectif « bien en dessous de 2 °C » de l’accord de Paris. Il exige une coopération internationale sans précédent, l’abandon rapide du charbon, l’électrification à grande échelle et une utilisation stable du gaz, conjugués à un développement massif des énergies renouvelables. Les énergies fossiles représenteraient encore 38 % de la demande d’énergie primaire en 2050. TotalEnergies précise que le contexte géopolitique actuel rend ce scénario improbable à court terme.

Dans tous les scénarios, la demande d’électricité augmente fortement, et le gaz naturel joue un rôle de stabilisation transitoire. L’entreprise souligne que la poursuite des investissements dans le pétrole et le gaz restera essentielle pour compenser le déclin naturel des gisements, même avec l’essor des énergies renouvelables. En conclusion, l’étude préconise un « changement de mentalité » et appelle à développer les mécanismes mondiaux de crédits carbone conformément à l’article 6 de l’accord de Paris, une priorité qui ne recueille pas les faveurs des associations écologistes et des plus fervents défenseurs de l’environnement. L’étude n’indique pas si le changement de mentalité évoqué s’applique aussi au groupe ni quelle stratégie celui-ci entend mettre en œuvre pour contribuer à la confirmation du scénario rupture.