La traçabilité des matières premières, composants, biens et services qui participent à la fabrication des produits ou services d’une entreprise est une pièce centrale dans l’examen de sa durabilité. Une fois leur origine déterminée avec certitude, il convient d’évaluer leur « qualité sociale et environnementale ». Pour cela, plusieurs outils sont disponibles : autodéclarations, analyses documentaires, certifications, audits sur sites… Les audits sur sites sont les dispositifs les plus sûrs. Ils présentent cependant de nombreuses failles, surtout lorsqu’il s’agit de vérifier les droits sociaux chez les sous-traitants, fournisseurs et prestataires, et quand la visite des auditeurs est préalablement annoncée. Cet inconvénient peut être partiellement atténué si les salariés de ces firmes ont la possibilité d’alerter le donneur d’ordres d’atteintes à leurs droits.
La société française EcoVadis est spécialisée dans les solutions consacrées aux achats responsables. Le 16 octobre 2025, elle a annoncé le lancement d’un nouveau service ouvert aux 1 500 acheteurs de son réseau : Worker Voice Connect. Il s’agit d’un mécanisme de communication bidirectionnelle qui permettra aux travailleurs des fournisseurs de signaler de manière anonyme les entorses aux droits sociaux ou humains dont ils font l’objet en passant par plusieurs canaux tels que WhatsApp, des QR codes ou le Web, sans qu’il soit nécessaire de disposer d’applications spécifiques ou d’un smartphone. Le dispositif prend en charge 20 langues. Son effectivité dépendra de plusieurs facteurs : de la connaissance de son existence par les travailleurs, de sa facilité d’accès, de la confiance qu’il suscite, de la rapidité de traitement des réclamations…
