Le regain des tensions militaires et des conflits en Europe (et ailleurs) a replacé la question du renforcement de l’industrie d’armement et de son financement au cœur des débats. Cette question se pose donc naturellement aux acteurs de la finance responsable. La fondation suisse Ethos, qui réunit plus de 250 caisses de pension et institutions suisses, se prononce sur le sujet dans sa lettre d’information de septembre 2025. La position d’Ethos est constante depuis 1997 : « Toute entreprise réalisant plus de 5 % de son chiffre d’affaires dans la production d’armes conventionnelles – ou de leurs composants essentiels – ainsi que toute entreprise active dans la production d’armes non conventionnelles, quel que soit son niveau d’implication », est exclue de ses fonds d’investissement.
La fondation reconnaît que les armes peuvent servir « à la légitime défense ou au maintien de la paix ». Mais elle souligne aussi qu’il est souvent difficile, voire impossible d’identifier leurs utilisations et destinataires finaux, comme le montre une affaire récente de maintenance d’équipement militaire en Russie via le Kazakhstan, et impliquant les sociétés françaises Thales et Safran. Deux paramètres éminemment fondamentaux lorsqu’on aborde la question des ventes d’armes et, plus largement, de tout instrument susceptible d’être utilisé pour exercer un pouvoir coercitif. Ethos ajoute « qu’assurer la défense nationale relève des États… Ce rôle n’appartient pas aux caisses de pension. » Par ailleurs, la complexité des problématiques spécifiques liées au secteur est souvent très mal maîtrisée par la finance.
