Sous pression, l’armateur danois Maersk indique avoir renforcé ses procédures de contrôle quant aux colonies israéliennes

Début juin 2025, des dockers de Fos-sur-Mer ont refusé de charger un conteneur contenant des pièces détachées servant à fabriquer des fusils-mitrailleurs et des tubes de canon sur un navire à destination d’Israël. Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Dès novembre 2023, des manifestations et des blocages ont eu lieu à Gênes (Italie), dans le Kent (Angleterre), à Oakland et Tacoma (États-Unis), à Barcelone (Espagne). Plus tard, des chargements ont été arrêtés au Pirée (Grèce). Récemment, le 21 mai 2025, des manifestants ont protesté à Rotterdam contre le transit de pièces d’avion de combat F-35 en provenance et à destination d’Israël par les navires de l’armateur danois Maersk, et ce bien qu’un tribunal ait interdit les exportations néerlandaises directes de pièces de F-35 vers Israël.

Dans ce contexte, le 23 juin, le média Al Jazeera a écrit qu’un communiqué de Maersk indiquait : « À la suite d’un récent examen des transports liés à la Cisjordanie, nous avons encore renforcé nos procédures de contrôle en ce qui concerne les colonies israéliennes, notamment en alignant notre processus de contrôle sur la base de données du HCDH [Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme] des entreprises impliquées dans des activités dans les colonies. »

Mais dans une mise à jour datée du 1er juillet, le groupe est plus sibyllin sur cette question. Il détaille sa politique générale sur les expéditions de fret à caractère militaire et continue de préciser : « En ce qui concerne les colonies, nous avons renforcé nos procédures de contrôle, en référence aux normes internationales. » Il indique aussi qu’il reste « déterminé à respecter les normes internationales en matière de conduite responsable des affaires, notamment les Principes directeurs des Nations unies et les lignes directrices de l’OCDE » et qu’il a « appliqué une politique stricte de non-expédition d’armes ou de munitions à Israël » depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas. Mais l’entreprise ne fait plus référence au HCDH et ajoute qu’elle est en désaccord avec de nombreuses affirmations de la rapporteuse spéciale des Nations unies, Francesca Albanese, figurant dans son rapport intitulé « De l’économie d’occupation à l’économie de génocide » qui cite plusieurs acteurs publics et privés, dont Maersk.