Les Amis de la Terre portent plainte contre l’octroi d’un prêt de 4,7 milliards de dollars au projet de TotalEnergies au Mozambique

Révélé en 2020, le projet Mozambique LNG (province de Cabo Delgado) est une opération majeure de TotalEnergies. Mais, outre les questions environnementales et climatiques qu’il suscite, ce programme se situe dans une zone de conflit qui oppose l’armée mozambicaine à des groupes liés à Daech. Ce contexte génère de nombreuses exactions contre les populations locales, tant de la part des groupes rebelles que de l’armée régulière. À la suite d’une sanglante attaque djihadiste, l’entreprise a déclaré une situation de force majeure en avril 2021 et mis en pause le projet. La compagnie espère pouvoir le relancer dans les prochaines semaines.

Le coût du projet s’élève à 20 milliards de dollars, dont près de 15 milliards de dollars de financements externes. Leur mobilisation nécessite le concours d’agences d’assurance-crédit à l’exportation. À une question écrite posée lors de son assemblée générale du 23 mai dernier, le conseil d’administration de la société a répondu que 80 % du financement externe étaient réunis. Mais il a aussi reconnu que « les agences de crédit-export Atradius des Pays-Bas et UKEF du Royaume-Uni [avaient] mandaté des parties externes » pour « mettre à jour la documentation de financement du projet ». Ces deux organismes couvrent un peu plus de 2 milliards de dollars des besoins. Dans sa réponse, le groupe a ajouté que « l’ensemble des autres agences de crédit-export et prêteurs internationaux ont quant à elles confirmé leur engagement ».

Parmi les autres prêteurs, on note l’agence de crédit aux exportations étatsunienne Exim. En mars 2025, elle aurait donné son accord pour un prêt de 4,7 milliards de dollars afin de financer Mozambique LNG. Le 14 juillet 2025, les associations Les Amis de la Terre États-Unis et Justiça Ambiental/Les Amis de la Terre Mozambique, représentées par l’organisation EarthRights International, ont déposé une plainte contre Exim devant le tribunal du district de Columbia.

Les plaignants reprochent à la banque d’avoir violé la loi fédérale en accordant hâtivement son approbation sans procéder aux évaluations environnementales requises, sans tenir compte des enquêtes ouvertes par plusieurs pays sur les allégations de graves violations des droits humains sur le site du projet, et sans avoir, comme l’exige la loi, recueilli les commentaires du public, du Congrès et d’autres institutions. De plus, le 28 février 2015, Donald Trump aurait arbitrairement et illégalement nommé des administrateurs au conseil d’Exim sans l’avis ni l’accord du Sénat. Le conseil d’administration a accordé le prêt dès le 13 mars. Si la plainte aboutissait, l’approbation du conseil serait annulée, ce qui obligerait la banque à recommencer le processus en respectant, cette fois, les procédures.