Plus de 2 000 morts ont déjà été comptabilisés en Indonésie, au Sri Lanka, en Malaisie, en Thaïlande et au Viêt Nam à la suite des tempêtes tropicales et des pluies de mousson qui ont provoqué des glissements de terrain et des crues soudaines. Des millions de personnes ont été déplacées. D’après des scientifiques, les effets dus aux particularités géographiques de ces zones et à la déforestation ont été démultipliés par des mers plus chaudes et des pluies plus abondantes à cause du changement climatique.
L’île de Sumatra (Indonésie) a été particulièrement touchée. Le 6 décembre 2025, Hanif Faisol Nurofiq, le ministre de l’Environnement, a déclaré que les plantations forestières industrielles, le développement massif de l’hydroélectricité et les activités d’extraction d’or dans le bassin versant de Batang Toru avaient aggravé les inondations. En conséquence, il a suspendu les activités du secteur privé dans la forêt primaire de Batang Toru qui abrite l’orang-outan de Tapanuli, en danger critique d’extinction. Les permis d’exploitation de trois entreprises seraient ainsi bloqués en attendant les résultats d’une reconnaissance aérienne de la région. Le ministre n’exclut pas des poursuites pénales si des violations ayant aggravé la catastrophe étaient constatées.
De son côté, le ministre de l’Énergie et des Mines, Bahlil Lahadalia, a indiqué que son ministère déterminerait si un éventuel lien pouvait être établi entre la catastrophe et l’exploitation minière. La mine d’or de Martabe, l’une des plus grandes au monde, est située à Batang Toru. Quant au ministère des Forêts, il a annoncé qu’il révoquait 20 permis d’exploitation forestière commerciale. Les organisations de la société civile se félicitent de ces décisions, mais ont aussi soulevé la question des exploitations de palmiers à huile, notamment dans les zones exploitées par PT. Sago Nauli et PTPN III à Batang Toru.
Ces événements ont également touché les activités économiques et les chaînes d’approvisionnement. Plusieurs usines ont été submergées ou sont devenues très difficiles d’accès. Certains fournisseurs d’entreprises de mode ont malgré tout ordonné aux ouvriers de se présenter sur leur lieu de travail. D’autres ont brutalement fermé leurs portes. En conséquence, la société civile a demandé aux marques de prendre des mesures pour garantir la sécurité et le bien-être des travailleurs du secteur textile des régions touchées par les inondations.
De son côté, l’Ethical Trading Initiative (ETI), une association composée d’ONG, de syndicats, mais aussi d’entreprises (surtout de la mode et de la grande distribution), a appelé toutes les firmes dont les opérations ou les chaînes d’approvisionnement sont affectées par ces catastrophes à donner la priorité à la sécurité et au bien-être des travailleurs. ETI estime que les donneurs d’ordres devraient collaborer avec leurs fournisseurs afin d’éviter toute action susceptible d’accroître la pression et de soutenir les mesures qui protègent l’accès des travailleurs à un revenu, à la sécurité et à la sûreté. Parions que ces bonnes intentions se traduisent en actes.
