Le 10 décembre 2025, la Commission européenne a présenté son 8e paquet omnibus. Le processus de simplification des législations (et d’allègement des obligations) va notamment toucher les règles relatives aux émissions des activités industrielles et d’élevage, la nouvelle directive-cadre sur les déchets, la réglementation concernant les batteries, et les règles se rapportant aux évaluations environnementales et à l’accélération des autorisations pour les infrastructures énergétiques. Les associations environnementales sont outrées de ce détricotage en règle de dispositifs réglementaires qui ont mis des années à être négociés. Le 27 novembre, la médiatrice européenne, Teresa Anjinho, a d’ailleurs constaté une série de lacunes dans la manière dont la Commission a préparé et lancé ses propositions législatives urgentes.
Le 4 décembre, l’association foodwatch France a alerté l’opinion quant à un autre projet de simplification de la Commission sur la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux. Cette communication fait suite à la fuite du texte afférent. Parmi les propositions de simplification prévues, on note : des autorisations illimitées pour les pesticides, la fin des réévaluations obligatoires fondées sur les dernières connaissances scientifiques, le maintien des limites maximales de résidus de pesticides aux niveaux applicables au moment de la mise sur le marché des denrées, la révision des règles mises en place à la suite du scandale de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine), la suppression du renouvellement décennal des autorisations d’additifs pour l’alimentation animale, la possibilité de libérer plus rapidement des parties de cargaisons de marchandises lors des contrôles aux frontières…
Quelques avancées ont toutefois été enregistrées sur le continent ces derniers jours. Après deux ans de tergiversations, les ministres des gouvernements européens ont relancé les négociations sur les règles autorisant certains camions articulés électriques et à hydrogène à augmenter leur charge utile de deux à quatre tonnes, et ce, afin d’accueillir des technologies propres plus lourdes. Ces camions pourront ainsi parcourir une plus grande distance avec une seule charge. Cela ouvre la voie aux négociations en trilogue et aux décisions d’investissements dans les camions propres.
Le 23 mars 2023, le Premier ministre norvégien avait déclaré que l’exploitation minière en haute mer pouvait se faire sans nuire à la diversité biologique de l’océan, suscitant l’indignation de nombreux scientifiques et associations environnementales. Cette annonce survenait alors que le gouvernement envisageait d’exploiter une large étendue de son plateau continental. Le 9 janvier 2024, le Parlement avait officiellement donné son feu vert pour cette démarche. Mais, le 3 décembre 2025, les 5 partis soutenant le nouveau gouvernement remanié le 4 février 2025 se sont accordés pour reporter jusqu’en 2029 les premières attributions de licences pour l’exploitation minière des grands fonds marins. Celles-ci étaient initialement prévues pour 2026. Ils ont aussi décidé que le financement public des programmes de cartographie des ressources minérales des fonds marins menés par l’État serait réduit. Le Parlement a voté cette décision le 5 décembre, annulant de fait l’autorisation votée en janvier 2024.
