La lutte contre la contamination de l’eau par les PFAS commence à s’organiser en France et dans le New Jersey

Les PFAS sont une famille de plusieurs milliers de composés chimiques. Ils ont la particularité d’être très persistants dans l’environnement (dans l’eau, l’air, les sols, les sédiments). C’est pourquoi on les classe parmi les « polluants éternels ». Ces substances, largement utilisées dans l’industrie, sont de plus en plus préoccupantes et peuvent avoir des conséquences sur la biodiversité et la santé (cholestérol, cancer, fertilité…).

Début 2024, le gouvernement français a élaboré un plan d’action sur les PFAS. Dans ce cadre, le 30 juillet 2025, le ministère de la Transition écologique a publié une première carte répertoriant leur présence sur le territoire national : dans les eaux souterraines, les eaux de surface, l’eau distribuée et les sites industriels. Selon l’arrêté du 30 décembre 2022, la somme des 20 molécules de PFAS les plus préoccupantes ne doit pas dépasser 0,10 µg/l (0,10 microgramme par litre) dans les eaux de consommation humaine. Or, les travaux du ministère de la Transition écologique font ressortir 92 communes qui atteignent ou dépassent ce seuil.

Depuis le 10 juillet 2025, la consommation de l’eau du robinet est interdite dans douze communes des Ardennes et quatre de la Meuse à cause du taux élevé de PFAS qui y a été prélevé. Les communes rembourseront l’eau aux habitants pendant six mois, à raison de deux litres d’eau par jour et par personne. Cette mesure immédiate est transitoire et demande de traiter le problème à la source, et notamment d’identifier l’origine de la contamination.

Mais déterminer l’origine de ces pollutions n’est pas toujours facile, et ce d’autant que les causes peuvent être multiples. Dans l’attente, il convient de traiter ces polluants. Les solutions existent, mais elles sont encore onéreuses et/ou ne sont pas pleinement satisfaisantes. Celles qui sont actuellement le plus communément utilisées, la séparation et l’extraction des PFAS de l’eau, posent la principale question de l’élimination des concentrations de déchets isolés à la suite de ce processus. Cette opération est particulièrement difficile à réaliser du fait de la stabilité de la liaison C-F (carbone-fluor). En conséquence, elle requiert des besoins énergétiques élevés. Le 25 juin, le groupe Veolia a annoncé le déploiement de sa nouvelle technologie Drop® sur ses 20 lignes d’incinération dédiées aux déchets dangereux en Europe. Selon le groupe, sa technologie « permet d’éliminer ces polluants persistants avec un taux d’efficacité jusqu’à 99,9999 % sur plusieurs PFAS cibles ».

Sur la côte est des États-Unis, la lutte contre la pollution aux PFAS est intense, en particulier dans le New Jersey. Le 13 mai dernier, la société 3M a accepté de payer 450 millions de dollars à cet État pour éviter des poursuites concernant son rôle dans la contamination du milieu naturel par des PFAS durant plusieurs décennies. L’entreprise a précisé qu’elle n’avait pas reconnu sa responsabilité dans cette transaction et qu’elle avait conclu cet accord pour éviter un long litige.

Puis, le 4 août, ce sont les entreprises Chemours, DuPont et Corteva qui ont accepté de payer plus de 2 milliards de dollars pour mettre un terme à un procès ouvert il y a deux mois. Les trois sociétés sont issues d’une suite de scissions et de fusions. Elles sont accusées d’avoir contaminé quatre sites industriels avec différents polluants et, notamment, des PFAS. L’accord prévoit un dédommagement de 875 millions de dollars, la constitution d’un fonds spécial pour couvrir les coûts de nettoyage qui pourront atteindre 1,2 milliard de dollars, ainsi qu’une autre réserve de 475 millions de dollars pour pallier une éventuelle faillite des entreprises incriminées.

Cet accord intervient alors que l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a annoncé l’abrogation et la révision des normes relatives à quatre types de PFAS couramment présents dans l’eau potable. Mais il n’est pas encore définitif. Une consultation publique de 60 jours va être ouverte en septembre, à l’issue de laquelle un juge examinera l’accord avant de décider de l’approuver officiellement.