Les salariés du secteur des jeux vidéo se rebiffent

Les jeux vidéo sont l’un des secteurs du divertissement qui connaît la plus forte croissance. Celle-ci a été stimulée par la crise sanitaire qui a obligé bon nombre de personnes à rester cloîtrées chez elles. Mais cette industrie suscite aussi de nombreuses protestations de la part des personnes qui y travaillent : bas salaires, avantages sociaux insuffisants, recours généralisé aux heures supplémentaires obligatoires (« crunch »), emplois précaires, licenciements excessifs, harcèlement, discrimination…

Les employés ont donc commencé à s’organiser en syndicats (chez Nexon et Smilegate en Corée du Sud, Paradox Interactive en Suède, Ubisoft en France, Raven Software aux États-Unis…). Plus récemment, en mars 2024, les salariés d’Activision QA, filiale de Microsoft, ont formé le plus important syndicat étatsunien reconnu par son entreprise. Les revendications prennent de plus en plus d’ampleur. Ainsi, en août 2024 à Cologne, lors de la devcom, la plus importante conférence européenne des développeurs de jeux électroniques, les salariés allemands de l’industrie du jeu vidéo ont réclamé de meilleures conditions de travail dans ce secteur.

Plusieurs grèves ont récemment été déclenchées. En août 2024, les salariés de Keywords Studios Italie ont obtenu l’annulation d’un processus de licenciement collectif à la suite d’une grève de deux jours. En octobre 2024, les salariés d’Ubisoft France ont arrêté le travail, également pendant deux jours, pour protester contre le refus de la direction de négocier sur la flexibilité du télétravail et une rémunération qui n’a pas suivi l’inflation. Et tout récemment, le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) a appelé les salariés de tous les studios français à cesser le travail le 13 février 2025 pour dénoncer les sous-effectifs, les licenciements, la surcharge de travail, des salaires trop bas et un manque de transparence.