Amnesty dénonce les conditions de travail de l’exploitation du cobalt en RDC

L’association de défense des droits humains Amnesty International a publié le 19 janvier une étude réalisée en partenariat avec l’association Afrewatch dans laquelle elle dénonce les conditions d’exploitation du cobalt en République démocratique du Congo (RDC). Le cobalt entre notamment dans la fabrication des accumulateurs lithium-ion utilisés pour la téléphonie portable et les véhicules électriques. Entre avril et mai 2015, les associations ont interrogé des mineurs et des anciens mineurs de cobalt, ainsi que des négociants dans le sud de la RDC. Ils ont relevé des conditions de travail épouvantables : absence de protections contre les maladies pulmonaires et cutanées, horaires quotidiens dépassant douze heures, salaires dérisoires, nombreux accidents mortels, travail d’enfants parfois seulement âgés de sept ans… Le cobalt est, en grande partie, extrait par une société chinoise (Congo Dongfang Mining, une filiale de Zhejiang Huayou Cobalt Co Ltd), traité, puis vendu à deux fabricants de batteries chinois (Ningbo Shanshan et Tianjin Bamo) et à un fabricant sud-coréen (L&F Material). Enfin, les chercheurs ont interrogé seize grandes entreprises internationales, parmi lesquelles Apple, Samsung, Sony, Vodafone, Microsoft, Daimler, Volkswagen, listées comme des clients directs ou indirects de ces sociétés. La plupart d’entre elles réfutent tout approvisionnement auprès des fournisseurs incriminés ou en provenance de RDC, ou indiquent qu’elles ignorent la provenance de ce matériau. Dans tous les cas, le rapport met en évidence l’absence de dispositifs de contrôle satisfaisants de leur chaîne d’approvisionnement.

https://www.amnesty.org/download/Documents/AFR6231832016FRENCH.PDF