Porteurs de projets énergétiques et populations entre conflit et coopération

En 2017, les tribus sioux du Dakota du Sud (en particulier celle de Standing Rock) s’étaient opposées à la construction de l’oléoduc Dakota Acces Pipeline (DAPL), confiée au groupe Energy Transfer Partners. Cet oléoduc doit traverser quatre Etats (Dakota du Nord, Dakota du Sud, Iowa, Illinois). En dépit de cette opposition, qui a eu un retentissement international, la construction a été validée. Mais des communautés amérindiennes contestent toujours cette décision. Elles estiment en effet que le permis a été délivré illégalement par l’US Army Corps of Engineers (responsable des permis pour la traversée des cours d’eau), une cour fédérale ayant de fait déclaré en juin 2017 que l’Army Corps avait délivré le permis en violation des lois fédérales et qu’il n’avait jamais effectué d’étude d’impact environnemental.

A l’inverse, la tribu de Standing Rock et cinq autres tribus du Dakota du Sud ont conclu un accord avec la société Apex Clean Energy pour la construction d’un projet éolien de 570 MW. Cet accord a donné naissance à la société 7G Renewable Energy (le nom provient de l’idéal sioux selon lequel les décisions et les actes doivent prendre en compte le bien-être des personnes des sept générations à venir). La coentreprise est détenue à 51 % par les six tribus amérindiennes qui ont formé l’Oceti Sakowin Power Authority (OSPA) et à 49 % par la société Apex Clean Energy. Pour les Sioux, l’énergie est un don qui doit être pris en considération et exploité pour le bien de l’humanité, tout en respectant « Unci Maka » (Grand-mère Terre). Trois priorités sont intégrées aux projets de l’OSPA : combattre le changement climatique, créer des emplois et des activités dans les réserves des Premières Nations, réinvestir les revenus dans des projets comme la culture, l’éducation… Sur un plan décisionnel, Apex formule des recommandations à l’OSPA et lui présente ses travaux pour approbation et commentaires.