Tout va très bien…

Il y a des raisons d’être de mauvaise humeur. Malgré les progrès réalisés, l’économie mondiale est encore très en deçà des efforts nécessaires pour répondre aux enjeux environnementaux, climatiques et sociaux. Et pourtant, l’Europe fait marche arrière sur le contrôle des chaînes d’approvisionnement et la transparence. Ce recul est une aberration, une offense aux acteurs qui ont relevé le défi. Il allège des démarches administratives, qui deviendront sans grand intérêt. C’est une forme de reddition face à la nouvelle idéologie qui s’impose outre-Atlantique et ailleurs. Les unes après les autres, les banques renoncent à leurs objectifs zéro émission nette. BP a entériné la baisse de ses investissements en faveur des énergies bas-carbone. On ne compte plus les entreprises qui abandonnent leur politique d’inclusion pour plaire au locataire de la Maison-Blanche ou par peur des actions en justice. Des convictions, cependant, s’expriment encore. Les actionnaires d’Apple ont rejeté à 97 % la proposition d’investisseurs externes visant à supprimer la politique d’égalité du groupe. Les directeurs financiers semblent (enfin) commencer à croire aux vertus du développement durable. Le fonds de pension britannique TPP a décidé de retirer l’intégralité de la gestion de son portefeuille de titres à la société de gestion étatsunienne State Street pour une meilleure gestion ESG. Il est temps de rebondir. Il y aura des coups à prendre. C’est peut-être le prix à payer pour être dans le sens de la marche.