En absorbant Elf Aquitaine en 2000, TotalEnergies a hérité de ses actifs (et passifs). Parmi ceux-ci se trouvaient les installations pétrolières d’Elf dans le golfe de Guinée, et notamment au Congo-Brazzaville. En conséquence, la compagnie est présente dans ce pays depuis 1968. Elle a bénéficié d’une situation de quasi-monopole jusqu’au début des années 90, période à laquelle elle a été contrainte de commencer à partager les ressources pétrolières et gazières avec d’autres sociétés. Le groupe demeure cependant le premier opérateur dans le pays.
Aujourd’hui, la quasi-totalité de la production pétrolière transite par le terminal de Djeno au sud de Pointe-Noire, mis en service en 1972. En 2020, TotalEnergies EP Congo (TEPC) a renouvelé pour 20 ans son contrat de gestion du terminal. Le 20 février 2025, le média en ligne Mongabay a publié un article dans lequel il décrit la situation environnementale dans la région.
Il indique que les populations locales se plaignent de la pollution qui touche leurs aires de pêche et, plus largement, les écosystèmes. Le terminal est situé dans la zone humide de Cayo-Loufoualeba, une région riche en biodiversité qui a été déclarée zone humide d’importance internationale par la Convention de Ramsar en 2007. Bien que TotalEnergies assure qu’elle a pris les mesures nécessaires pour atténuer la pollution et nettoyer la zone, et qu’elle a mené des plans d’action pour la biodiversité (PAB), la pollution existe bel et bien, selon les pêcheurs locaux. Le fond de la lagune de Loubi est tapissé de « petites boulettes noires », ce qui perturbe les écosystèmes et affecte les ressources halieutiques.
Mongabay pointe aussi les opérations de torchage dans la région. Grâce à l’examen de données satellites, il a pu déterminer que les émissions de CO2 sont passées d’environ 100 000 tonnes en 2012 à 220 000 tonnes en 2022. Une partie de ces rejets peut toutefois être attribuée à d’autres industriels qui se trouvent dans la région. Cela étant, ils libèrent dans l’atmosphère de nombreux polluants qui affectent la santé des populations locales et la biodiversité.
Les organisations locales ou internationales, comme la Commission Justice et Paix ou Amnesty International, réclament plus de transparence, notamment en ce qui concerne les rapports d’audit réalisés ou le PAB censé couvrir la période 2023-2028. Elles estiment que les opérations de nettoyage de la compagnie pétrolière française ne sont pas suffisantes, demandent que la pollution autour du terminal de Djeno soit reconnue et que TotalEnergies nettoie davantage la région.