Le 17 février 2025, la société de conseil étatsunienne Kearney et le grand média suédois consacré aux solutions climatiques We Don’t Have Time ont publié une enquête auprès de 500 directeurs financiers, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Inde et aux Émirats arabes unis, sur la transition verte engagée par leur entreprise. Pour la plupart d’entre eux, le développement durable est un facteur de création de valeur plutôt qu’une contrainte financière.
9 directeurs financiers sur 10 prévoient d’augmenter leurs investissements nets dans le développement durable en 2025. 7 sur 10 (69 %) s’attendent à ce que les initiatives en matière de développement durable génèrent des rendements supérieurs aux investissements traditionnels. Cette perception va à l’encontre des discours de certains actionnaires activistes qui cherchent à affaiblir les objectifs de développement durable des entreprises. Les bénéfices résulteront des risques évités et des nouvelles opportunités de création de valeur. Près des deux tiers des directeurs financiers (65 %) déclarent qu’ils mesurent déjà le coût de l’inaction. Plus de 92 % d’entre eux prévoient d’augmenter la part du chiffre d’affaires que leur organisation voue au développement durable en 2025. Quasiment 4 répondants sur 10 (37,8 %) envisagent d’allouer entre 2,1 et 2,5 % de leur chiffre d’affaires, et 23 % souhaitent y consacrer davantage.
Selon l’enquête, les directeurs financiers sont surtout prêts à donner la priorité aux initiatives qui ont des impacts à court terme tangibles en réduisant les émissions de GES, en réalisant des économies, en augmentant la valeur et/ou en évitant les risques. Les investissements stratégiques dans des projets dont les bénéfices environnementaux et/ou financiers se feront sentir à long terme sont moins prisés. Toutefois, de nombreux directeurs financiers souhaitent investir dans des partenariats axés sur l’innovation en faveur du développement durable.
Parmi les investissements envisagés pour 2025, on relève : l’utilisation de matériaux plus durables ; l’amélioration de l’efficacité des matériaux et la réduction des déchets ; l’amélioration de l’efficacité énergétique ; le respect des réglementations ESG ; la formation de la main-d’œuvre ; la réduction des déplacements inutiles ; l’achat de compensations carbone.
Le réseau de cabinet d’audit comptable et financier BDO a lui aussi réalisé une enquête sur les relations entre les directeurs financiers dans le monde et la durabilité (CFO Sustainability Outlook Survey). Les conclusions vont dans le même sens. Pour les auteurs de l’étude, les entreprises qui introduisent le développement durable dans leurs stratégies répondent non seulement aux exigences des réglementations et des parties prenantes, mais acquièrent également un avantage concurrentiel.
Il ressort de l’enquête que 91 % des entreprises ayant intégré une stratégie de développement durable s’attendent à une augmentation de leur chiffre d’affaires en 2025, et 69 % anticipent une rentabilité plus élevée, contre respectivement des taux de 74 % et de 56 % pour l’ensemble des répondants. Le résultat des élections aux États-Unis ne semblent pas avoir un impact déterminant. On note que 44 % des directeurs financiers pensent faire croître leurs investissements en matière de développement durable, et 22 % seulement estiment qu’ils les diminueront. Environ 80 % des directeurs financiers interrogés s’attendent à ce que leur implication dans la stratégie ESG reste la même ou augmente au cours des 12 prochains mois. Parmi les entreprises qui s’efforcent d’intégrer la durabilité dans leur stratégie commerciale, la majorité des directeurs financiers escomptent un investissement supérieur en temps.