Le 17 juillet 2020, TotalEnergies a révélé la signature d’un contrat de financement pour Mozambique LNG. Ce projet de 20 milliards de dollars, dont le groupe français est l’opérateur, comprend le développement des champs de gaz naturel de Golfinho et d’Atum ainsi que la construction d’une usine de liquéfaction d’une capacité totale de 13,1 millions de tonnes par an.
Ce programme est très contesté par une partie de la communauté internationale, parce qu’il contrevient aux préconisations des scientifiques du GIEC de sortir au plus vite des énergies fossiles, qu’il attise les convoitises, les conflits meurtriers et les exactions contre les populations, et qu’il risque d’alimenter la corruption. Le Mozambique se trouve à la 144e place dans le dernier classement de l’indice de perception de la corruption de l’association Transparency International. Le projet est en pause depuis avril 2021 pour cause de force majeure, compte tenu des affrontements entre le groupe armé affilié à l’État islamique, Al-Shabab, et les forces mozambicaines et leurs alliés.
Le lancement de Mozambique LNG a nécessité la mobilisation de 14,9 milliards de dollars de financements extérieurs promis par des banques commerciales, la Banque africaine de développement et 8 agences de crédit à l’exportation. L’agence britannique UK Export Finance (UKEF) a confirmé en août 2021 qu’elle participait au financement du projet à hauteur de 1,15 milliard de dollars. Mais dans son édition du 4 janvier 2025, le Financial Times a rapporté que le gouvernement britannique cherchait un avis juridique pour savoir si son engagement était toujours contraignant.
Si la démarche de la part des autorités britanniques est justifiée par la situation politique sur place, les reports dans la reprise des opérations (la première production de GNL ne devrait pas avoir lieu avant 2029) et les campagnes des associations hostiles au projet ont sans doute également pesé. En avril 2021, l’association Friends of the Earth (England, Wales and Northern Ireland) avait ainsi annoncé qu’elle avait obtenu l’autorisation de la Haute Cour de justice britannique de saisir les tribunaux pour contester la décision de UKEF de fournir un soutien financier au développement du gaz naturel liquéfié au Mozambique. L’association reprochait à l’agence de ne pas avoir procédé à l’analyse nécessaire pour évaluer correctement si son soutien au projet était conforme aux obligations du Royaume-Uni et du Mozambique au regard de l’accord de Paris. La justice britannique a toutefois donné raison à l’agence de crédit à l’exportation en janvier 2023. Mais, parallèlement, le gouvernement britannique s’est aussi engagé « à ne plus apporter de nouveau soutien financier direct ou promotionnel au secteur des énergies fossiles à l’étranger », sauf exception, à compter du 31 mars 2021.