Edito.

Selon une étude récente de la London School of Economics, il existe à ce jour dans le monde plus de 1 200 lois en lien avec les dérèglements climatiques, contre environ 60 en 1997. La moitié a été publiée entre 2009 et 2013. Les auteurs relèvent aussi qu’entre 1994 et 2016, 254 actions en justice ont été enregistrées sur ces thèmes ou sur des sujets périphériques dans 25 juridictions, auxquelles il faut ajouter les quelque 700 cas relevés aux Etats-Unis. Cette accélération de l’occupation de l’espace judicaire par le fait climatique illustre à quel point celui-ci imprègne désormais nos modes de vie, l’action politique et le déroulement des affaires. Mais elle montre aussi les fractures persistantes qui traversent notre société, y compris lorsqu’on examine les relations entre les grandes entreprises et une importante partie de l’opinion. Les assemblées générales sont un moment où s’expriment régulièrement ces divergences et 2017 ne déroge pas à la règle. Parmi les prochaines réunions, celles des banques françaises devraient être l’occasion pour plusieurs associations françaises d’exprimer publiquement leur désaccord vis-à-vis des financements accordés au très controversé projet Dakota Acces Pipeline aux Etats-Unis qui, selon elles, menace le climat et les droits des populations amérindiennes de la réserve de Standing Rock.