L’industrie charbonnière et les banques pointées du doigt

Selon le rapport d’un groupe d’ONG européennes, daté de novembre, la contribution du secteur bancaire à l’industrie charbonnière atteindrait en 2012 quatre fois le montant de 2005, année de l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto. En tout, ce sont 118 milliards d’euros qui auraient été investis dans cette industrie entre 2005 et le milieu de 2013 par les 89 banques analysées par les associations. Les 20 plus importants contributeurs (parmi lesquels BNP Paribas et le Crédit agricole) participent à hauteur de 71 % de ce montant. Les associations fustigent le développement de cette industrie qui est l’une des plus polluantes, y compris en termes d’émissions de gaz à effet de serre, comme l’a rappelé un groupe de scientifiques lors de la conférence sur le climat (COP19) qui s’est tenue du 11 au 23 novembre à Varsovie. Les scientifiques ont ainsi directement interpellé les participants du sommet international “ Charbon et climat ” qui se déroulait dans la capitale polonaise parallèlement à la conférence sur le climat, accusant l’industrie “ d’induire le public en erreur ” en parlant de “ charbon hautement efficient ”. La secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Christiana Figueres, est elle-même intervenue devant les délégués de ce sommet en affirmant qu’ils avaient “ l’opportunité de participer à résoudre le problème climatique mondial ”, mais que cette industrie “ devait changer ”. De son côté, le 21 novembre, le ministre britannique de l’Energie et du Climat, Ed Davey, a annoncé que le Royaume-Uni mettait un terme à tout financement public de centrales au charbon à l’étranger, excepté dans de rares circonstances.

http://www.banktrack.org/download/banking_on_coal/banking_on_coal_4_67_6.pdf